CHAPITRE IV
Juste au milieu de l'effervescence provoquée chez nous par l'apparition des deux petits « livres rouges », un nouveau brandon incendiaire survenait de l'étranger. C'est, en effet, à ce moment précis que commencèrent à pénétrer dans les milieux catholiques de France le nom et l'œuvre d'un jésuite anglais, George Tyrrell (1861-1909), encore à peine connus et qui allaient désormais passer au premier plan \
Né à Dublin, le 6 février 1861, G. TyrreU fut élevé dans le calvinisme. Mais il ne tarda pas à l'abandonner pour le catholicisme intégral.
Vers l'âge de quinze ans, la célèbre Analogy de Butler ouvrit son intelligence au sens des grands problèmes religieux ^. Se sentant mal à son aise dans les cadres rigides de l'évangélisme, il se tourna d'abord vers la Haute-Église et subit l'influence d'un pasteur ritualiste, à l'âme d'apôtre et au mysticisme très indépendant, le Rév. Dolling, qui l'aida à retrouver la foi. Mais, si le ritualisme contentait son imagination, il n'apaisait pas les inquiétudes de sa raison éprise de certitudes ^. C'est pourquoi le jeune homme résolut d'entrer dans l'Église catholique et de se donner à la Compa- .gnie de Jésus* (1879).
1. Voir sur lui R. Goût, L'affaire Tyrrell, Paris, 1910, et surtout M.-D. Petre, Autobiography andlifeof George Tyrrell, Londres, 1912, complété par George Tyrrell' s lelters, Londres, 1920.