‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 163 sur 451 · Ibid., 1921, t. vn, p · texte numérisé non relu

Ibid., 1921, t. vn, p

3. L'Évangile et l'Église, 2« édit., p. 63. Cf.' Autour d'un petit livre, p. 146.

pour proclamer, jusqu'en leurs manifestes les plus audacieux, leur attachement à l'Église. On a fait grand état, à l'époque et parfois encore dans la suite, de ces déclarations catholiques réitérées, que ponctuaient, au besoin, de vigoureuse^ critiques à l'adresse de la Réforme. Et le soupçon ne pouvait évidemment guère venir, tant qu'on n'avait aucun élément de défiance, que ces paroles fussent à double entente : c'est plus tard seulement qu'on a eu la clef de ce langage et de cette psychologie.

Dans un système établi sur le synabolisme, le dogme du catholicisme ne devait-il pas subir la même transposition que les autres, de manière à saisir l'esprit caché sous la gangue épaisse des formules? On trouve un parfait spécimen de cette exégèse dans M. Bùonaiùti. Encore aujourd'hui, en effet, l'auteur tient L' Evangile et VÊglise pour « un des livres les plus parfaitement catholiques que la culture religieuse moderne ait produits. » On devine aisément qu'il, s'agit ici d'un catholicisme très spécial.

Car il est fondé tout entier sur deux principes, qui, comme les deux foyers d'une ellipse, déterminent' le mouvement de l'expérience chrétienne telle que l'a 'faite à travers les siècles le cpsmopolitisme romain : reconnaissance d'éléments extra-rationnels dans la religion fondée par l'Evangile; attribution à la masse des croyants régénérés par le baptême de la conservation et de l'élaboration de la vérité, source du salut ^.

Il semble d'ailleurs que cette interprétation soit dans la manière de G. Tyrrell jalutôt que de M. Loisy, qui, fidèle à son empirisme historique, aimait plutôt voir dans l'Église la suite de l'Évangile et, sous d'autres formes, la réalisation humaine du même idéal ^. On voit, en tout cas, par cet exemple, comment la profession du catholicisme pouvait prendre un sens élargi et, à vrai dire, sécularisé ^.

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