P. Sabatier, op. cit., p
qui est moderne, outre que ceci n'est pas néces.sairement un mal, l'application en reste absolument indéterminée. D'où il suit que la définition qui se dérobe à l'analyse interne doit être demandée aux informations venues du dehors.
L'usage de ce terme révèle d'ailleurs une élasticité qui aggrave, au lieu de le corriger, le vague de son étymologie. Ce n'est évidemment pas dans le même sens que l'emploient les théologiens qui lui font une place dans leurs thèses, pour signifier un certain nombre d'erreurs en matière de foi, et les pamphlétaires d'Action Française qui le décochent aux adversaires de leur parti. Et pour ne parler que de ceuxlà, le « modernisme moral » et social signalé naguère comme caractéristique de la théologie allemande a:u xvni® siècle^ est assurément autre chose que le « modernisme » parfois imputé, pour les principes de sa psychologie religieuse, à l'école catholique de Tubingue ^. Quand on lit que « Plutarque, Origène, furent des prêtres modernistes » ^ ou que « l'Église a traversé plus d'une crise moderniste » au cours de son histoire, et que « saint Thomas d'Aquin lui-même a fait en son temps figure de moderniste m^, ce mot doit représenter une nuance différente que lorsqu'il est appliqué aux doctrines métaphysiques d'un penseur du ix^ siècle ^ ou encore aux protestants réfutés par Bossuet ^.
A travers la diversité de ces acceptions, on aperçoit que ce mot prend une signification, tantôt psychologique, tantôt dogmatique. Dans le premier cas, il veut dire une certaine tendance sans objef autrement précis''; dans le
1. Revue des sciences religieuses, 1926, t. vi, p. 301 et 303. Cf. 1928, t". VIII, p. 477.