‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 194 sur 451 · A much abused letter, Londres · texte numérisé non relu

A much abused letter, Londres

Christ (p. 62-65). A l'encontre des vaines complications théologiques, il faut développer la foi, qui nous montre en Dieu la personnification de la suprême bonté dont fout ce qu'il y a de tien dans l'histoire humaine, est la réalisation partielle et en quelque sorte la révélation (p. 71-73). « Union avec Di^u à travers l'humanité, avec l'humanité à travers Dieu (p. 74) : » tel serait le dernier mot de la religion. C'est parce que l'Église romaine, malgré ses imperfections, affirme cet idéal de catholicité qu'elle est « tout au moins .un essai mal venu » de cette universelle communion religieuse (p. 77). En même temps que par son organisme, c'est également par sa doctrine que l'JÊglise nous permet d'entrer en rapports avec la divine bonté, à condition de tenir ses dogmes pour des images imparfaites et grossières, des symboles déficients, « qui sont pour nous le seul moyen de nous rapprocher de Dieu et pour Dieu de se rapprocher de nous (p. 79-80). » .

Ainsi « la communion avec l'Église visible est un sacrement efficace de la communion avec l'invisible » (p. 83). Mais elle n'est évideïnment « qu'un moyen, une voie, une créature, dont il faut user tant qu'elle est utile et qu'il faut abandonner quand elle devient un obstacle (p. 86). » Ce qui choque en elle les esprits éclairés n'est qu'une création de théologiens à l'esprit étroit : il ne faut voir là « qu'un épisode passager dans l'histoire de l'Église, « une répétition de cet aveuglement qui ferma les oreilles des juifs « au Christ et ,à son hérésie».^

Le judaïsme devait vivre une vie glorieuse et ressuscitée dans le christianisme... L'histoire ne peut-elle se répéter? Ne se peut -il que les théologiens aient raison dans un sens tout autre qu'ils ne se l'imaginent? Le bras de Dieu n'est-il plus assez long pour faire des pierres elles-mêmes surgir des enfants d'Abraham? Comme le judaïsme, ne se peut-il que le catholicisme ait à mourir pour revivre sous une forme plus large et plus élevée? (p. 87-89).

Telles sont les perspectives sur lesquelles se terminait cet étrange opuscule, où le mysticisme chrétien n'était plus qu'une forme de l'idéalisme et l'Église une étape momentanée, un abri précaire dans l'évolution religieuse de l'humanité. G. Tyrrell avait beau le présenter comme une apologétique de circonstance, un remède extrême pour les cas désespérés : rien ne pouvait pallier la complète dissolution

doctrinale qui en forme la base et en. devenait le terme. Tout en s'estimant « justifié de l'avoir écrite », il reconnaissait que « cette lettre... fut néanmoins un mal dans une certaine mesure (p. 24). » En la reprenant publiquement à son compte, même aveo le correctif « d'une sorte de commentaire qui en serait l'antidote et la justification (p. 19-20), » l'auteur ne faisait que révéler la profondeur du « mal » et en multiplier les ravages. Aurait-il voulu consacrer le scepticisme chez les âmes ébranlées dans leur foi, et l'insinuer aux autres sous les espèces d'un mysticisme subtil, qu'il ne s'y serait pas pris différemment.

Enfin, comme pour marquer les étapes successives de son évolution antérieure et en préciser l'aboutissement, G. Tyrrell réunit en volume ^ les articles les plus importants de ces dernières années.

A ces pages anciennes s'ajoutaient quelques morceaux inédits : d'abord une préface, où il faisait le procès du dogmatisme qui cherche des concepts dans la révélation; puis un long développement, intitulé : Réflexions sur le catholicisme, où- il reprenait et systématisait les vues éparses dans la Lettre à un professeur d'anthropologie sur le sens de l'institution catholique comme expression de la religion du genre humain; enfin un chapitre sur la révélation, où il faisait la théorie de l'expérience religieuse, qui commence par des impressions pour s'exprimer seulement plus tard en théologie.

« Il serait dérais oimable d'espérer, reconnaissait d'ailleurs G. Tyrrell ^, que ce travail puisse être bien accueilli de ceux qui ne croient pas à la proximité du déluge, ni à la nécessité de l'arche. Je m'adresse à ceux qui croient à l'une et à l'autre, pour cette bonne raison qu'ils sont déjà entraînés par les flots. » Voici en quels termes un autre auteur, qui avait cru sentir, lui aussi, « la proximité du déluge», décrit « l'arche » construite par l'apologiste anglais.

Théologien mystique, émancipé de la scolastique après en avoir été profondément imbu, Tyrrell admettait une révélation dans le sens absolu du mot. Cette révélation consistait princi-

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