Voir Ciciltà catiolica, 25 août 1903, t. m, p
en plus la vie intérieure de M. Minocchi, bien qu'il en ait longtemps su retenir les manifestations au dehors.
Ce don Minocchi est tout plein de contradictions. Il est infiniment souple comme un vrai Italien, presque fuyant par instants et, à d'autres moments, il apparaît solide et lourd, tenace toujours et, par-dessus tout, passionné... Sa face énorme, au cou de taureau, se creuse de rides qui lui donnent un aspect bouleversé, chaotique, cependant que, du regard qui louche, jaillit un éclair d'intelligence supérieure. Il y a du Danton chez cet homme, mitigé de prudence ecclésiastique et de souplesse italienne. Toute son existence se modèle du reste sur ces contradictions : d'une hardiesse folle dans la pensée et parfois aussi dans l'exécution de ses desseins, il s'arrête tout à coup, il n'ose aller plus avant, il souffle pour reprendre de nouvelles forces; puis il repart aussi rapidement, par bonds. Nulle harmonie dans cette vie où couve un feu ardent de révolte et de passion V
Sans nul doute, cette psychologie, qui frappait des profanes au naoment de la crise aiguë, remontait à une date plus ancienne et peut expliquer comment cette'carrière de savant ecclésiastique devait finir par un brusque éclat que rien ne semblait avoir préparé. En attendant, les Studi continuaient à initier leurs lecteurs au mouvement général de la critique religieuse. Le libéralisme de la direction allait jusqu'à insérer, avec les plus grands éloges pour la science et la personnalité de l'auteur, un article de M. Harnack sur les origines du Nouveau Testament (1903). Mais, sa principale source restait la littérature de langue française. La physionomie de l'école exégétique italienne est assez justement décrite par un de ses plus violents adversaires, quand il TpaxleÂelV Houtin, del Loisy, del Lagrange, ecc. che î modernisti italiani copiarono e dei quali si fecero belli ^. - Ce premier groupe fut bientôt relayé par un autre de même esprit, dont l'animateur était unjeune prêtre romain de vingt-quatre ans, alors . professeur à l'Apollinaire, M. Ernest Buonaiuti. Voici le croquis qu'en donnaient les deux collaborateurs de la Reçue :'
La figure franche et ouverte, la "bouche un peu moqueuse,