Voir Th. Delmont, p
4. Voir K. Hennemann, op. cit., p. 19-34, qui établit sur l'originalque les copies publiées par la presse étaient falsifiées sur quelques points.
mettre en ca,use la sincérité ou la profondeur de sa soumission au décret de Y Index. D'autres suivaient dans divers organes de la presse bavaroise, qui révélaient de sa part une appréciation très libre des personnes et choses ecclésiastiques. Toutes publications qui suggéraient des commentaires en sens divers, suivant qu'il s'agissait d'amis ou d'adversaires ^.
Et c'est ainsi que l' Allemagne tout entière, au cours de cette année 1907, s'enflammait pour ou contre la mémoire du théologien de Wurzbourg. Rien n'était mieux fait que ces controverses, avec ce qu'elles comportaient d'inévitable passion, pour réveiller ce vieux libéralisme universitaire auquel le haut personnel des Facultés allemandes fut toujours enclin.
En dehors de cet orage, violent mais éphémère, d'autres facteurs maintenaient dans l'opinion catholique des ferments plus ou moins actifs d'agitation.
Pour conserver les traditions de Kraus, les catholiques libéraux de Bavière avaient fondé à Munich, en 1904, une Kraus gesellschaft, très répandue et très influente dans le monde laïque, qui s'intitulait elle-même : « Société pour le progrès de la religion et de la culture. » Noble programme, en apparence, mais auquel la personnalité de son patron, suffisait à donner une teinte d'indépendance critique et surtout de forte prévention anti-romaine. Tel est bien l'esprit que la Kraus gesellschaft n'a jamais cessé d'entretenir et qui, en plus même de quelques audaces caractérisées que nous rencontrerons, créait un milieu prêt à les produire ou prompt à les excuser ^.
D'une manière plus bruyante,» le petit groupe du Refornikatholizismus poursuivait de son côté son action et s'efforçait de l'élargir, au nom de ce que l'on dénommait alors « la moderne ». A la Renaissance, qui recevait, à l'occasion, la collaboration théologique de Schell, Joseph MûUer ne cessait de brandir le drapeau de la réforme. Sur le terrain scientifique, il voulait réagir contre une scolastique surannée ;
i. Lire les principaux textes dans A. Michelitsch, p. 25-34, et,. sur l'ensemble de l'afTaire, J. Schnitzer,.p. 94-98.
2. Voir le bilan officiel dé son activité pendant la première décade de son existence dans JVeue Jahrhundert, 1914, t. vi, p. 265-271.
sur le terrain politique, contre l'ultramontanisme ; sur le terrain esthétique, contre la condamnation en bloc de l'art moderne, de manière à rajeunir et intérioriser la vie spirituelle ^. Mais, au témoignage peu suspect de partialité du protestant J. Kûbel, le personnage était de médiocre envergure ^. Sa vanité personnelle et sa violence à l'égard de ses adversaires aidant, il n'obtint jamais grand crédit -^ Il n'en réussit pas moins à maintenir sa revue jusqu'en 1907.
Entre les mains du D"" Fr. Klasen, le Zwanzigste Jahrhundert semble avoir eu plus d'importance.
Dès sa première année, le journal était noté de libéralisme par la presse ultramontaine. De son côté, il avait bien renoncé au libéralisme politique, mais non au libéralisme « catholique ». Par où il comprenait une attitude indépendante à l'intérieur de l'Eglise, qui s'opposait à toute contrainte en matière de conscience et de religion, et coïncidait avec ce que Kraus avait appelé «le catholicisme religieux ». Le D^" Klasen s'appropria cette formule et, à rencontre du catholicisme ultramontain qui vise à ligoter le plus possible les catholiques sous la centralisation romaine, il demandait un catholicisme libéral, qui assurerait aux fidèles le maximum de libertés... Sa devise était : Religion, germanisme, culture-*.
Au journal l'ardent directeur ajoutait la création d'un groupe d'avant-garde destiné à le soutenir. Les bases en furent jetées au cours d'une réunion retentissante des « catholiques instruits », tenue à Munich le 20 octobre ;1 902 ■ — ■ avec le concours oratoire de Schell, qui présenta les desiderata de « la moderne » — et qu'on a pu appeler « un parlement de catholicisme progressiste en Allemagne » ^. Un programme en
1. Voir Reformkatholizismus, dans Der Katholik, 1902, 1. 1, p. 131- 147. A l'appui de son action, il entreprit de fonder, en mars 1902, un Katholisches Reformverein, qui ne paraît pas avoir pris beaucoup de développement.
2. Geschichte des kath. Modernismus, p. 66-68. « Apte tout au plus ■ a faire un sous-chef, il voulut être un chef : ce qui était beaucoup pour
ses forces. ».
3. Voir A. Gisler, op. cit., p. 147-148, et Th. Engert, art. Modernismus, dans Realenci/clopàdie, t. xxiv, p. 171.