‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 216 sur 451 · Voir Allgemeine Zeitung, 190'i, n. 37, p · texte numérisé non relu

Voir Allgemeine Zeitung, 190'i, n. 37, p

2. Der Fall Loisy, dans Prot. Monatshejte, 1905, t. ix, p. 1-22.

. 3. Un moment il avait imaginé une campagne de tracts, analogues â ceux qui inaugurèrent le mouvement d'Oxford. B. HoUand, dans Fr. von Hûgel, Selected lelters, intr.,.p. 26. Mais ce projet ne se réalisa •point.

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bien qu'en Angleterre. Aussi, depuis sa rupture avec la Compagnie qui lui avait rendu son indépendance, paraissaitil jouir d'une sorte d'ubiquité. C'est donc autour de lui sur-' tout que devait se concentrer le combat.

De toute son âme passionnée, G. Tyrrell allait d'abord jeter dans le public le petit drame administratif qui venait de modifier sa situation ecclésiastique. Ses amis eurent beau lui conseiller de taire les circonstances pénibles qui avaient amené son expulsion de la Compagnie. Le silence aurait sans doute permis d'aboutir à la solution régulière qui eût enlevé à cette rupture le caractère d'une sanction'.' Il mit, au contraire, son point d'honneur à l'ébruiter, en adressant des notes aux journaux pour expliquer la nature de son cas, puis en les intéressant à l'injustice dont il se disait l'objet pour avoir été congédié sine episcopo receptore. D'un litige canonique c'est ainsi l'opinion qu'il invitait à se faire, juge.

Avec la même véhémence il allait faire part à la presse de ses démêlés avec l'autorité ecclésiastique. en vue de retrouver l'usage de ses pouvoirs sacerdotaux. De premières négociations pour lui obtenir un celebret eurent lieu, favorisées par le futur cardinal Mercier, au cours du printemps et de l'été 1906. Mais, Rome lui ayant imposé la censure préalable,^ non seulement pour ses écrits, mais pour sa correspondance, G. Tyrrell fit connaître par la Tribune des 4 et 5 juillet son refus de sacrifier sa « qualité d'homme » à sa « qualité de prêtre », cependant qu'il adressait au cardinal Ferrata, préfet de la S. Congrégation des évêques et réguliers, une virulente protestation privée, qui resta, naturellement, sans réponse^. C'était déjà plus que sufiBsant pour stimuler dans le sens que l'on devine les canonistes de journal ^.

L'été suivant, l'affaire fut reprise et parut menée à bon terme, lorsque G. Tyrrell eut accepté de soumettre ses publications à l'Imprimatur ecclésiastique. Mais les jour-

1. Autobiography and life, t. n, p. 297-307, 503-506; R. Goût, p. 152-

2. On s'occupait de ce cas jusque dans certains milieux américains, témoin les plaintes qu' «un prêtre catholique » confiait à la Norih american recietv, 1907, t. clxxxiv, p. 44-45, et la réponse apologétique de Mgr Ireland (ibid., p. 243).

naux officieux ayant présenté cette heureuse issue comme le résultat d'une « soumission », G. T;^Trell s'empressa de rectifier, en date du 31 août, par lettre publique au Daily Chronicle et au Giornale d'Italia. Pour venger l'honneur du Saint-Siège, la Corrispondenza Romana du 23 septembre publia sur la question une cronaca documentata, qui fit le tour de la presse religieuse. G. Tyrrell y releva des allégations fausses et se plaignit qu'on y eût fait état de pièces tîonfidentielles. Les grands journaux français, anglais et italiens reçurent coup sur coup ses explications, auxquelles la Corrispondenza du 30 septembre essaya d'opposer une riposte qui lui attira de nouveaux démentis ^. C'est ainsi que le nom de G. Tyrrell acquit une célébrité mondiale, et il est inutile de dire que toute la presse incroyante, ou seulement libérale, n'avait qu'une voix pour célébrer cette innocente victime du despotisme romain.

Au milieu de cette bagarre, le celehret promis ne vint évidemment pas. D'autant que la publication de l'encyclique Pascendi, survenue dans l'intervalle, allait créer de nouvelles et plus graves complications. Tandis qu'elles défrayaient les amateurs de scandales ecclésiastiques, ces polémiques mettaient de plus en plus en évidence le nom de G. Tyrrell. Et comment la cause n'aurait-elle pas tiré profit d'avoir en sa personne un martyr de plus?

Toutes sortes de faits, au demeurant, attestent qu'à la notoriété de l'homme correspondait la divulgation de ses doctrines.

En Italie, l'influence de G. Tyrrell semble avoir été particulièrement forte. Dès la fin de 1904, le P. Semeria présentait Lex orandi comme un metodo e un modello di apologia cristiana ^. L'année suivante, M. Murri traduisait la brochure d' « Ernest Engels » ^. C'est également en Italie que la Lettre à un professeur d'anthropologie fut de bonne heure

1. Autobiography and life, t. ii, p. 322-331; R. Goût, p. 186.

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