‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 232 sur 451 · II · texte numérisé non relu

II

Toujours est-il que, du dehors, divers observateurs croyaient devoir prêter attention à ces troubles internes de l'Église, que chacun commentait dans le sens de ses tendances et à la mesure variable de ses informations.

Un universitaire libre penseur, G. Lanson, se déclarait fortement impressionné par le pauvre livre du pseudo- « abbé Jeaii Le Morin », où il signalait, après ceux des Houtin et des Loisy, un signe de « la crise très grave qui travaille le catholicisme. » NatureUenaent, il souhaitait la voir se résoudre « à l'avantage de la liberté et de la vérité, »

1. La crise du clergé, Paris, 1907. Cet^ ouvrage eut une seconde édition en 1908, une traduction anglaise en 1910, une traduction italienne en 1914.

A partir de ce moment, A. Houtin allait se faire la spécialité du fouiller dans les poubelles de l'Église, pour y remplir sa hotte de tous les petits papiers aptes à salir ceux de ses contemporains qui avaient eu l'infortune de l'approcher. Voir sur lui la chronique de P. Souday, dans le Temps du 30 mai 1929.

2. « Le caractère spécial de nombreuses crises, actuelles consiste en ce qu'elles viennent de l'intelligence... Ce sont des drames de tête » (p. 9).

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avec le droit, pour les prêtres; « d'affirmer sur toutes ques-tions les résultats d'une recherche rationnelle exacte et loyale, » ces « résultats » dussent-ils, comme dans le cas présent, faire évanouir « tout le dogme, toute la hiérarchie et les fondements scripturaires du dogme et de la hiérarchie. » ■ A ce prix, il croyait pouvoir promettre la fin de l'anticléricalisme en même temps que celle du cléricalisme qui l'avait . seul fait naître et durer. Voilà pourquoi il ne . ménageait pas les encouragements à cet effort libérateur. « Ce n'est pas la fin de l'Église, ni du christianisme : il se peut que^ c'en soit la renaissance ^. » ^

Chez les vieux catholiques, E. Michaud avait ouvert,, dès la fin de 1904, une chronique sur « la crise doctrinale dans • l'Église romaine actuelle ^. » Il ne cessa plus de la continuerau cours des années 1905-1906, avec cette précision que l'Église de France serait son unique objectif. Sous cette rubrique l'auteur ramassait les renseignements et les textesles plus disparates, pour peu qu'il les jugeât propres, avec ou non le secours de quelques gloses, à nourrir les préventions de son public. Mais ses principales sources étaient la Reflue d'histoire et de littérature religieiises, les Annales dephilosophie chrétienne, la Reçue du clergé français. Demain, . dont les fascicules successifs étaient minutieusement dépouillés, et rien n'est curieux comme de voir noter au jour le jour, . par ce témoin que sa passion même rendait étrangement perspicace, les divers épisodes dont les pages qui précèdent ont esquissé l'histoire et marqué la signification. Au terme de sa longue enquête, l'auteur concluait :

On ne saurait se faire illusion, la crise que l'Eglise romaine traverse actuellement n'est pas une simple crise d'énervement,, c'est une rupture avec le passé du catholicisme, avec l'objet propre et constitutif du christianisme même : c'est une décomposition morbide, une existence qui finit, et qui finit parce qu'elle est essentiellement fondée sur le mensonge^ (p. 765).

Manifestement le prêtre apostat prenait ses désirs pour une réalité consistante. Encore est-il que cette impression.

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