‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 233 sur 451 · Ibid., 1906, t. xiv, p · texte numérisé non relu

Ibid., 1906, t. xiv, p

même n'aurait pu se produire si un trop grand nombre de faits n'eussent tendu à la justifier.

Dans ce que le sectaire anti-catholique tenait pour « une décomposition morbide », d'autres, au contraire, aimaient entrevoir la « germination d'une vie nouvelle au sein de la vieille Église. » C'est P. Sabatier qui ouvrait son âme à ces joyeuses espérances ^. Et il relevait les « faits publics » où lui paraissait dès lors s'affirmer ce renouveau : exégèse d'A. Loisy ; politique des Dabry, Lemire et Naudet; histoire des Duchesne et Houtin, auxquels il mêlait assez étrangement les noms d'U. Chevalier et du B. Delehaye; philosophie religieuse de M. Le Roy; fondation de Demain, régénération par M. Laberthonnière des Annales de philosophie chrétienne. « Une hirondelle ne fait pas le printemps ; mais il suffit, assurait-il, de se placer un instant en observation pour en voir arriver de tous les points de l'horizon. Les jeunes sont légion et désormais rien ne les arrête (p. 88- 90). » Et dans ces «jeunes », sur les pas de G. TjTrell (p. 96- 97), il retrouvait avec une religieuse émotion ce que furent « une douzaine de pêcheurs de la Galilée qui jadis donnèrent fort à faire au Sacré-Collège de ce temps-là... C'est grâce à eux que le judaïsme est devenu la préface du christianisme. Pas plus alors qu'aujourd'hui, ceci ne tuera cela ^. »

Et pour que la lumière ne restât pas sous le boisseau, P. Sabatier multipliait Urhi et Orbi les messages en faveur de la « bonne nouvelle ^ ». Un point noir restait pourtant sur

1. A propos de la séparation des Églises et de l'État, Paris, 1905, p. 94.

2. Cette brocliurc fut réfutée, sous forme de « lettre ouverte » (Nancy, 1906) par Mgr Turinaz, qui reprenait une vieille formule de M. Ch. Maignen pour déplorer ce qui causait à l'auteur tant de joie, savoir l'avènement d' « un catholicisme nouveau » et. d' « un clergé nouveau ».

3. Voir de lui une note sur le religious revival en Italie {Contemporary review, juillet 1906, t. xc, p. 11.9) ; Le mouvement religieux [Ret'ue bleue, 4 aoîit 1906, V"^ série, t, vi, p. 137-141); La crise religieuse en France et en Italie (Hihherl Journal, janvier 1907, t. v, p. 277-295), ■<( crise religieuse qui remue l'élite du catholicisme jusqu'en ses profondeurs » (p. 278), mais qui lui paraît être (p. 283) « la préface de transformations fécondes » ; Un aspect de la crise catholique (Bepue chrétienne, juillet 1907, t. Liv, p. 15-21), où l'auteur, en terminant, contemplait avec une joie toute franciscaine les « bourgeons d'un printemps spirituel ».

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l'horizon : savoir l'attitude inquiétante de la papauté. Maisl'auteur n'avait-il pas annoncé ^ que l'intransigeance doctrinale de Pie X était en voie de s'effondrer, au souffle de l'esprit moderne, tout autant que le despotisme politique de Guillaume II ? Chemin faisant, il entreprenait par correspondance privée de réduire les préjugés de J. Fontaine et d& le gagner à son optiinisme ^.

Moins lyriques, d'autres protestants se montraignt également attentifs. « Qu'on ne s'y trompe pas », concluait le pasteur Paul Doumergue, au terme d'un article sur « la mentalité jeune-catholique en France ». « Il s'agit dans le catholicisme d'aujourd'hui d'un choc formidable, d'un choc tragique, de deux mentalités, de deux conceptions du monde et de la religion, de deux catholicisnies ^. » Et si l'auteur n'osait pas se prononcer sur le point de savoir lequel l'emporterait, il ne cachait pas qu'au « jeune catholicisme » allaient tous ses vœux *.

C'est surtout après la débâcle du mouvement que se fit jour l'aveu des espérances qu'il avait suscitées au sein de la Réforme. De G. Tyrrell. M. Goût écrivait en, 1908 : « Nous attendons beaucoup de cette belle maturité ^. » L'énergie de cette conviction montre qu'elle devait avoir de très anciennes racines. Non content de témoigner à M. Le Roy les plus

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