L'affaire Tyrrell, p
vives sympathies, un professeur de Montauban, M. Henri Bois, ne manquait pas de les étendre au « généreux élan-des modernistes » ^. Deux ans plus tard, ceux-ci arrachaient encore à M. Gaston Riou ces regrets rétrospectifs :
... Ils se proposaient de rénover l'Église et de la conduire, pleine d'une forte jeunesse, à la conquête du siècle, qui veut une foi. Est-il dessein plus noble? Si seulement ils avaient pu réussir, ne fût-ce. que dans notre patrie... Ils nous firent nous éprendre d'un rêve... Nous comptions sur eux pour annoncer à la nation .les secrets qui régénèrent ^.
Et c'est évidemment pourquoi, un peu plus tôt, le même auteur rendait à la puissance du modernisme cet hommage qui voulait être une prophétie.
Loin d'être un effort local ou national, un essai particularisé" et adventice de réforme, il offre, au contraire, l'aspect d'un gigantesque et profond bouillonnement, ébranlant dans son sein même la catholicité qui agit et qui pense, d'une lame de fond irrésistible qui prétend laisser derrière elle la vieille Eglise rajeunie, Tobuste, intellectuellement et socialement transformée'.
Ces témoignages postérieurs à la condamnation du modernisme n'indiquent-ils jîas ce qu'on devait en penser avant? Ils suffiraient pour attester l'existence d'une crise catholique,
•dont trop de faits permettent, au surplus, de saisir la réaUté
:sur le vif.
Après avoir constaté le mal, l'historien, pour être complet, ne devrait-il pas en sonder la profondeur? Tâche doublement •difficile, soit parce que tout élément positif d'information fait ici défaut, soit parce que la question a été faussée par la passion des polémistes de droite ou de gauche, également intéressés à grossir l'importance du cas. Sans prétendre ■à d'impossibles précisions, il faut savoir s'en tenir à quelques points généraux que l'on peut, avec une suffisante prudence, considérer comme certains. -
1. Revue de théol. et des questions rel., 1908, t. xvn, p. 238. Sur il. Le Roy, voir ibid., p. 9, 39, 42, 237. Cf. t. xvi, 1907, p. 532 et 535.