‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 24 sur 451 · Edit. de la Bonne Presse, p. 4. Cf. p · texte numérisé non relu

Edit. de la Bonne Presse, p. 4. Cf. p

nait, chez les libéraux du siècle dernier, la prétention de réconcilier l'Église et la «civilisation moderne ». Or, avec des mots semblables, c'est de tout autre chose qu'il s'agissait dans le mouvement actuel. Au mieux, le modernisme étymologique n'évoque donc par lui-même qu'une tendance qu'il faut caractériser par son aboutissement. Et il n'est pas de sophisme plus souvent comiriis, soit chez les panégyristes qui, à rencontre des censures officielles, glorifient les'effoj'ts passés du modernisme etvoudraient encore faire croire à son avenir, soit chez quelques-uns de ses adversaires qui s'attachent à compromettre sous cette étiquette commode les tentatives les plus légitimes de renouvellement, que de s'en tenir, si l'on peut ainsi dire, au genre prochain dont se réclame le modernisme sans prendre garde à la différence spécifique dont le caractère achève d'en intégrer la notion.

Seuls ici les documents de l'Église nous peuvent servir de guides sûrs. Car, si rien n'est historiquement plus incontésr table que l'existence, il y a un quart de siècle, d'un courant général qui poussait apôtres et penseurs à rendre plus modernes les formes de la doctrine et de l'action catholiques, il est non moins certain que tout n'y était pas condamnable et que tout n'y fut pas condamné. La discrimination de ses éléments, longtemps laissée à l'initiative de chacun, a été faite officiellement par l'autorité ecclésiastique. Précisément parce que le terme modernisme est essentiellement indéterminé, elle se devait d'en délimiter le sens et le contenu. Elle n'y a pas manqué.

Une première donnée à retenir, c'est que le modernisme exposé par Pie X est d'ordre essentiellement théologique. Les répercussions qu'il entraîne sur l'histoire, l'apologétique ou la réforme de l'Église ne sont décrites que pour illustrer par leurs conséquences la portée de ses principes, auxquels est consacrée la première et la plus grande partie de l'encyclique fPascendi. Or il ne s'agit là que du dogme et de la philosophie qui en est la base. Rien dans le document pontifical ne donne le droit d'y englober autre chose.

Mais, dans cet ordre d'idées, le modernisme ne tend à rien de moins qu'à pervertir toute l'économie de la doctrine chrétienne. En gros, c'est un composé dont les composants sont l'agnosticisme, l'immanentisme et l'évolutionnisme reli-

gièux. A cause de l'ampleur et de la gravité de ses applications, le pape le dénonce comme « le rendez-vous de toutes les hérésies »; mais sa note distinctive est de s'attaquer, pour les dissoudre en un pur subjectivisme, à ces notions de révélation, de foi et de dogme qui sont les fondeinents du christianisme traditionnel. . :

Toute la question sera de savoir si cette révolution doctrir haie ne fut pas imaginaire. Les déclarations catholiques des modernistes lés pliis avérés tendraient à le faire croire et, de bonne heure, leurs apologistes ne manquèrent pas de les exploiter. " ....

Par ce terme de modernistes, on a voulu insinuer qu'ils font la cour à la génération actuelle, qu'ils s'apprêtent à signer avec elle. des concordats, pour ne pas dire des capitulations... Il n'y a rien, absolument rieii, d'un effort pareil de la part de ceux-dont nous parlons... Les modernistes ne sont donc pas des néorcatholiques, ni même des réformistes... : ils acceptent tout le passé de l'Eglise sans en rien excepter i.

Cette fiction complaisante était pourtant, dès ce momentlà, impitoyablement déchirée par M. Loisy, qui parlait de « défenseurs qui sont en même temps, et comme malgré eux (?), des réformateurs ^. » Et les faits nous diront assez quel fut le radicalisme de leur réforme. Qu'il suffise, en attendant, de noter que l'alibi, invoqué par les premiers modernistes et retenu par leurs avocats, n'arrivait dès lors pas à donner le change aux arbitres impartiaux. Témoin ce verdict d'un protestant contemporain;

La (lutte ne porte plus sur un dogme isolé ou un fragment de doctrine,^ mais sur l'ensemble de la foi chrétienne telle que jusqu'ici l'Eglise catholique l'avait comprise et affirmée. Un groupe remarquable par le nom de ses chefs a tenté, entre la foi catholique et la pensée moderne, une adaptation qui aboutissait, en réalité, au renversement complet de tout le système théologique et hiérarchique du cathohcisme ^.

Pour avoir la notion adéquate du modernisme catholique il faut donc réunir le principe général dont il se prévaut et

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