‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 25 sur 451 · K. Holl, Der Modernismus, p · texte numérisé non relu

K. Holl, Der Modernismus, p

rapplication ruineuse qu'il en fait. Dans l'expression « catholicisme moderne », on en est venu, suivant' une formule savoureuse à (c grossir indéfiniment l'épithète au préjudice du substantif, au risque de sacrifier. la substance à l'accident et d'atteindre le catholicisme jusqu'en son essence sous prétexte de le moderniser » ^. Bien qu'il n'y soit pas fait état des intentions apologétiques qui furent un des caractères les plus marqués du modernisme, on peut accepter la définition concrète qu'avec moins de pittoresque littéraire, mais plus de précision théologique, en a donné L. de Grandmpison :

Est moderniste celui qui entretient la double conviction : 1° que, sûr des points définis, intéressant le fonds doctrinal ou moral de la religion chrétienne, il peut y avoir des conflits réels entre la position traditionnelle et la moderne; et 2° que, dans ce cas, c'est le traditionnel qui doit ordinairement être adapté au moderne, par voie de retouche et, au besoin, de changement radical ou d'abandon ^.

Au total, ce qu'il faut entendre par modernisme, c'est un mouvement doctrinal qui se donna pour but d'harmoniser avec les postulats du subjectivisme moderne les principes fondamentaux du dogme chrétien, mais arrivait à le compromettre ou à le détruire sur des points que l'Église tient pour essentiels. C'est ainsi que le défiidt l'autorité pontificale qui Ta frappé de ses anathèmes, ainsi que le présentent, en définitive, ceux qui en furent les promoteurs. L'historien a donc ici tous les moyens de se mouvoir sur un terrain ferme : là où se rencontrent ces deux prémisses ou leurs conséquences, il peut parler de modernisme chez des catholiques; mais il ne le peut pas là où elles font défaut.

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