‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 240 sur 451 · Bulletin de litf. eccl., 1906, p · texte numérisé non relu

Bulletin de litf. eccl., 1906, p

Il est vrai que. J. Fontaine croyait pouvoir taxer d'insuffisance cette impression.

Pour s'en convaincre, on n'a qu'à jeter les yeux sur la liste des collaborateurs de certaines revues, notoirement favorables à ce mouvement. Que l'on défalque les noms d'exégètes, de philosophes et de théologiens de doctrine correcte qui, dans des buts divers, prêtent à ces revues leur appui, les écrivains contaminés demeurent encore très nombreux ^.

Outre qu'il conviendrait de ne pas oublier ici l'adage : Non numerantur sed ponderantur, c'est déjà faire, intervenir des éléments trop hétérogènes pour ne pas appeler toutes sortes de distinctions. C'est ce' que l'expérience devait, par la suite, largement démontrer. « Le grand danger de jiotre situation intellectuelle et religieuse en France, écri- A-ait un peu plus loin le même auteur avec un sens plus •exact de la vérité, c'est la complicité inavouée ou inconsciente d'une foule d'esprits à ce mouvement que personne ne dirige ^. » De cette « foule » encore faudrait-il se garder de trop grossir les rangs.

Sous peine d'injustice, avec les maîtres conscients de leur œuvre — et dont plusieurs, au demeurant, purent d'abord se faire illusion sur la qualité de leurs doctrines — on ne doit donc pas confondre la clientèle qui les suivait par entraînement plutôt que. par véritable conviction. Il faut aussi mettre à ])art ceux qui ne défendirent souvent leurs systèmes que sous bénéfice d'inventaire et, en tout cas. non sans d'instinctives rectifications propres à les ramener dans les cadres catholiques. Sans compter ces équipes de « snobs » qu'on vit toujours empressés à suivre, quel qu'en soit le sens, les courants à la mode. Tous éléments qui pouvaient paraître momentanément unis, mais qui ne tarderaient pas à se dissocier.

A mesure, du reste, que le mouvement novateur prenait «ne forme plus vaste et atteignait des milieux plus hospitaliers aux idées générales, on conçoit qu'il ait pris plus d'ampleur. C'est ce qui explique sans doute qu'il se soit

1- La théologie du Nouveau Testament et Vévolution des dogmes, p. 458.

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