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MESURES PRÉPARATOIRES

Siège devait tout naturellement ressentir le contre-coup. A plusieurs reprises, l'épiscopat avait reçu des instructions sur la formation du clergé et la réglementation de l'apostolat catholique. EUes furent reprises, précisées et complétées par Pie X dans son encyclique Pieni l'animo (28 juillet 1906) ^.

Après avoir déploré le mal de l'insubordination, qui' sévit spécialement sur les jeunes prêtres et séminaristes, le pape y prescrit aux évêques de réduire au minimum strictement nécessaire le nombre des clercs, de veiller à ce qu'ils reçoivent une éducation exclusivement ecclésiastique et soustraite aux contacts malsains du dehors. Une semblable vigilance de%Ta s'étendre sur les prédicateurs et hommes d'œuxTes. Défense de porter en chaire des thèmes profanes, de fonder des journaux et des cercles sans l'autorisation de l'Ordinaire. Les apôtres de l'action populaire devront se garder de toutes excitations contre les classes possédantes, coname aussi de ces publications où l'on ne parle que d'aspirations et directions nouvelles, d'une nouvelle culture à laquelle l'Église devrait s'adapter. Enfin le document se termine par une interdiction formelle, qui va pour les prêtres jusqu'à la suspense ipso facto, d'adhérer à la Lega democratica nazionale.

Ce que P. Sabatier appelle fort improprement la « bulle » Pi'eTii Z'anÏTTîo ^ n'était", à parler juste, qu'une encyclique aux évêques d'Italie en vue de brider les excès de l'action démocratique. Tout entière dirigée contre l'œuvre de M. JNIurri, elle n'intéressait, dans sa lettre, que certains milieux italiens. Mais son esprit avait une portée plus générale et, bon gré, mal gré, jetait sur tout le mouvement novateur une note de suspicion.

Parmi les protagonistes du renouvellement doctrinal, le groupe du Rinnovamento manifestait trop d'actiA-ité pour ne pas attirer sur lui les foudres ecclésiasticues. La revue comptait à peine quatre mois d'existence que, le 29 avril 1907,. elle était signalée par une lettre du cardinal Steinhuber, préfet de V Index, au cardinal Ferrari, archevêque de Milan, comme « notoirement opposée à l'esprit et à l'enseignement catholiques ». Une des preuves données était la collaboration

1. Texte dans Ciciltà callolica, 6 août 1906, t. m, p. 385-393.

2. Hibhert Journal, t. v, p. 293. Cf., Les modernistes, p. 230.

d'écrivains tels que « Fogazzaro, Tyrrell, von Hûgel, Murriet d'autres ». A tous on reprochait « de cultiver un très périlleux ■esprit d'indépendance à l'égard du magistère ecclésiastique ■et la prépondérance du jugement privé sur celui de l'Église. » En conséquence, l'archevêque avait ordre d'imposer à l'éditeur d'arrêter sa publication -"^ .

Chez nous également, les organes les plus avancés recevaient del'épiscopat des blâmes tout au moins indirects. Ainsi, le 28 novembre 1906, les évêques de la région universitaire parisienne faisaient défense aux professeurs de l'Institut catholique de collaborer à Demain. Six mois après '(28 mai 1907), cette interdiction était encore confirmée, tandis qu'à la même date le cardinal Richard prenait une «emblable mesure pour tous ses prêtres à l'égard de la Revue d'histoire et de littérature religieuses. Les évêques protecteurs de l'Institut catholique étendaient aussitôt cette défense à leurs diocèses respectifs, et d'autres y donnaient de loin leur adhésion ^.

Mais ces diverses- mesures étaient de portée purement locale ou de trop faible poids. Aussi bien ne faisaient-elles que préluder à d'autres plus importantes qui étaient à la veille de voir le jour^.

1. Texte italien dans A. Vermeersch, p. 46-47; traduction dans A. Houtin, p. 156-157.

2. Textes dans A. Loisy, Quelques lettres, p. 266-267, 277-280.

3. On peut conjecturer, avec M. Loisy {Congrès d'hisl. du christianisme, t. m, p. 246), qu'elles furent « quelque peu retardées par la préoccupation qu'occasionna en haut lieu la séparation de l'Eglise et de l'Etat dans notre pays. »

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