CHAPITRE II
Quand parut l'encyclique Pascendi, qui condamnait le « modernisme » et les a modernistes », ces termes firent, au premier abord, l'impression d'être des néologismes de circonstance. « Phénomène si bien récent, écrivait du système le « vieux moraliste » de l'Ami du clergé, qu'on a dû ajouter à la langue un mot créé tout exprès pour le désigner^. « « Je ne connais, assurait pareillement en Amérique le professeur Ch.-A. Briggs, aucun isage de ce terme comme désignation d'un parti si ce n'est en-Hollande, dans les luttes. religieuses entre protestaats libéraux et conservateurs. Les termes « vues modernes », a hommes modernes » et autres expressions similaires sont communs ; mais « moderniste » comme appliqué à un parti religieux dans l'Église catholique est absent de nos dictidnnEÙres ^. » •
Après ce premier mouvement de surprise commencèrent les recherches positives. Le besoin, en effet, pouvait-il ne pas se faire sentir de scruter l'origine de ces termes, à peine usités jusque-là sinon tout à fait inconnus, qui apparaissaient tout' d'un coup au grand jour de l'actualité? De divers côtés, les érudits se mirent en quête et les renseignements aEQuèrent en plus grand nombre qu'on n'aurait pu le croire, assez, en tout cas, pour établir que ce qui avait paru être une nouveauté de 1 encyclique — et qui l'était en un certain sens — n'avait pourtant rien d'une création ex nihilo.
C'est ainsi que, presque dès le premier jour, le pasteur J. Kiibel jetait un coup d'œil sur la littérature alle-