Voir A. Loisy, p. 15-20, et R. Goût, p
368 INTERVENTION DU SAINT-SlȫE
Rien, en, effet, n'est plus facile à l'histoire que de retrouver l'origine de ces abstractions impersonnelles.
Jusque dans l'emportement de sa polémique, M. Loisy reconnaissait à l'encyclique Pascenc^i « deux ou trois sources principales, qu'on n'a pas réussi à mêler, et qui, dans l'ensemble, se laissent reconnaître encore sans trop de^peine : d'un côté, la critique de la Bible et des origines chrétiennes >: dont il s'avoue responsable ; « de l'autre, le système de philosophie que ses auteurs, au moins en France, désignaient sous le nom de dogmatisme moral, »^mai& dont le plus célèbre représentant était G. Tyrrell, « chez qui les théologiens pontificaux semblent avoir puisé beaucoup plus largement » que chez ses émules français^. Puis l'auteur de démêler, au cours de son commentaire, et généralement avec une parfaite clairvoyance, la part de chacun^.
Quand bien même on ne pourrait identifier que ces sources partielles, eUes suffiraient à dire que l'encyclique ne mérite pas le grief que lui impute dédaigneusement M. Loisy d'être une « synthèse de convention ». Tout montre, au contraire, que, jusque dans les détails, elle est faite de matériaux préexistants. Il faut d'ailleurs ajouter que ce' qui compte le plus, sur le plan doctrinal où se place l'Église, c'est la vérité des grandes lignes. Or qui pourrait douter qu'au début du siècle l'agnosticisme, l'immanentisme, l'évolutionnistne ne fussent pour ainsi dire le postulat de toute la philosophie religieuse chez les protestants ? Il n'est pas davantage contestable, ainsi que nos précédentes analyses l'ont largement établi, que ces doctrines n'eussent pénétré, sous forme dé tendances plus ou moins fermes, dans la pensée de certains cathohques, et que plusieurs tout au moins n'en fussent imbus à fond.
' Aussi des contemporains étrangers à toute apologétique