Simples réfUexions, p. 140 et
4i Choses passées, p. 352-353. « Dans l'histoire des controverses doctrinales du christianisme, écrit encore plus crûment M. Buonaiuti (p. 47), on avait rarement commis une contrefaçon plus indigne de la pensée qu'on voulait proscrire. »
A quoi s'oppose le fait notoire que le « système complet » n'est imputé à j^ersonne individuellement. Quand l'encyclique réunit ces « théories éparses et sans lien » afin de « montrer le lien logique qui les rattache » (p. 7) et d'en dégager « un coriîs parfaitement organisé dont les parties sont si bien solidaires entre elles qu'on n'en peut admettre une sans les admettre toutes, » (p. 61), ceci doit s'entendre dans l'ordre abstrait qui est le sien. Pour justifier la sj-nthèse, il suffit à riiistorien de reconnaître la réalité des pièces qui la constituent.
Encore peut-on se rendre compte que cette abstraction elle-même n'est pas dénuée de toute consistance. Les idées se tiennent, en effet, et la logique permet d'établir entre elles un rapport de continuité qui dépasse parfois la conscience de leurs auteurs. Or il est visible qu'abondent ici les fragments significatifs où l'œil exercé peut déjà lire les caractères du tout. Même le rapprochement qui en est fait, par le pape, auquel on reproche tant d'être factice, ne laisse pas de répondre à une réalité psychologique.
L'exégète mettra son point d'honneur à se déclarer indépendant de toute théorie philosophique, et le philosophe plaidera son incompétence en matière- d'exégèse. Un fait cependant frappe les moins attentifs, c'est que philosophes et exégètes se sentent en communion d'idées et se comprennent à demi-mot^;
Plus subtilement on a voulu que, au lieu d'être une somme d'idées, le modernisme fût « une orientation ^ », « une tendance ^ )). Ce qui,même de tous points exact, n'empêcherait pas qu'il ne supposât des principes latents. M. Loisy, au demeurant, s'est chargé de les exp,rimer en clair, et d'une manière qui disculpe sans peine les « théologiens du pape » par lui si violemment accusés de faux.
Dès les premières lignes d^ son. Encyclique, le Pape pose en principe ce que contestent plusieurs de ceux qu'il appelle modernistes, à savoir qu'il existe un dépôt immuable de vérité révélée, dont le Souverain Pontife serait le gardien unique et
1. J. Lebreton, op. cit., p. 4. Entre les formes diverses du mouvement condamné, le Rév. A. L. Lilley reconnaissait pareillement une « connexion vitale ». Modernism, p. 259. • ' • .