‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 270 sur 451 · P. Sabatier, Les modernistes, p · texte numérisé non relu

P. Sabatier, Les modernistes, p

3. Ch. Guignebert, Modernisme et tradition catholique, p. 154.

ENCYCLIQUE « PASCENDI » 371

infaillible... Les modernistes plaidaient l'autonomie de la conscience religieuse et ils'reconnaissaient l'autonomie de la science à l'égard de la théologie, celle de la société civile à l'égard de l'Église 1.

Et l'auteur de préciser plus loin l'aboutissement extrême de cette autonomie :

Le modernisme, celui qui . existe réellement, et qui n'est ni l'agnosticisme ni la philosophie de l'immanence, le modernisme, dis-je, met en question ce principe [de l'enseignement officiel], à savoir l'idée mythologique de la révélation extérieure, la valeur absolue du dogme traditionnel et l'autorité absolue de l'Église 2. .

Moins précis, M. Buonaiuti de reconnaître pourtant que les modernistes en étaient arrivés à découvrir peu à peu « le caractère artificiel et l'inconsistance de l'enseignement théologique auquel on les avait initiés. » Il ne veut même pas tenir pour douteux « que plusieurs..., en adoptant à. la légère des principes d'immanence, ne fussent allés trop loin pour pouvoir édifier solidement une loi dans le transcendant et dans sa révélation ^. »

En faut-il davantage pour conclure, avec le même M. Loisy, que, dans ces conditions, « l'encyclique de Pie X était commandée par les circonstances? »

Le Pontife a dit vrai, en déclarant qu'il ne pouvait pas garder le silence sans trahir lexiépôt dé la doctrine traditionnelle. Au point où en sont venues les choses, son silence aurait été une énorme concession, la reconnaissance implicite du principe fondamental du modernisme : la possibilité, la nécessité, la légitimité d'une évo-, lution dans la façon d'entendre les dogmes ecclésiastiques, y compris celui de l'infaillibilité et de l'autorité pontificale, ainsi que dans les conditions d'exercice de cette autorité *.

Ce témoignage peu suspect est confirmé par celui des protestants, même les plus anti-romains, qui n'ont pas renoncé à toute foi positive. « On peut avancer, et, à mon sens, justement, que plusieurs des erreurs que le pape dénonce sont des erreurs qui frappent à la racine même du christianisme, »

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