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ESSAIS D'AGITATION : EN FRANCE

SoiL jiarce que la situation nous est connue de plus près, soit parce que telle lut- dans une large mesure la réalité, tout, dans cette histoire, a pu donner l'impression que la crise catholique avait dans notre pays son centre principal. C'est là pourtant que les troupes mélangées du modernisme allaient se désagréger le plus rapidement, par la soumission des uns ou bien la révolte des autres. Dans le Times du l^'^ octobre 1907, G. Tyrrell prévoyait que l'encyclique aurait pour résultat « d'unir plus étroitement l'aile droite du modernisme à l'aile gauche : » c'est le contraire qui arriva chez nous. En dépit des pronostics pessimistes si souvent formulés, à peine la. publication de l'encyclique y soulevat-elle d'impuissantes et éphémères protestations. ,

Tous ceux, laïques ou prêtres — et c'était la presque unanimité — dont le loyalisme catholique était resté intact et qui n'avaient, tout au plus, péché que par imprudence, ne balancèrent pas un instant sur leur devoir.

Parmi les démocrates chrétiens, l'acceptation de Tencyclique fut d'autant plus facile que personne ne voulut se croire touché par elle ^. Et rien, au fond, n'était plus vrai. Néanmoins, dès ce moment-là, des sanctions étaient eu perspective. Le 16 septembre, les deux prêtres journalistes

1. C'est ce que M. Naudet expliquait aux lecteurs de la Justice. social'' et P. Dabry à ceux de la Vie catholique à la même date du 21 septembre. Extraits dans A. Houtin, p. 184-185. Voir encore un article de M Naudet, en date du 28, cité- dans Eet^ue du clergé fr., t. lu, p. 238-230.

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avaient déjà reçu un « avertissement » secret du Saint- Ôïïice ^. Ce n'était qu'un prélude. En vue de, parer à l'orage qu'il sentait venir, M. Naudet eut beau, dès la fin d'octobre, abandonner la direction de la Justice sociale, plusieurs évêques en interdirent la lecture, ainsi que celle de la Vie. catholique, aux prêtres de leurs diocèses. Moins de six mois après, par un décret du Saint-OiEce en date du 13 février 1908, les deux journaux étaient formellement condamnés ^. En même temps, leurs directeurs respectifs se voyaient interdire, sous peine de suspense ipso facto, « de publier désormais ces journaux ou d'autres, ainsi que des écrits quelconques du même genre, sous leur nom propre ou sous des pseudonymes. » M. Naudet rentra dans le rang, tandis que P. Dabry, après une soumission momentanée, finissait par sortir de l'Église ^.

Dans . la presse théologique où le^ modernisme semblait à quelques-uns avoir trouvé des infiltrations ou des conrivences, le mouvement ne fut pas moins unanime. En tête de leur n° d'octobre 1907, les Aivnales de philosophie chrétienne publiaient une formule d'entière adhésion aux enseignements de l'encyclique, et précisaient que 1' « immanence » n'y- serait jamais soutenue que dans les limités fixées par le Souverain Pontife. Après quoi, elles continuèrent leur chemin sans plus guère parler du moderni&me, jusqu'au jour encore lointain où une condamnation globale viendrait atteindre la revue que Rome estimait sans nul doute insuffisamment amendée.

A la Revue du clergé frariçais, le redressement, déjà sensible dans les derniers mois qui avaient précédé les documents pontificaux, se fit de plus en plus net après leur publication. « Le nouveau Syllabus » y fut reçu avec une confiance empressée*. De même, M. Bricout publiait un acte de « pleine et filiale adhésion » à l'encyclique ^ et annonçait « plusieurs articles » qui s'efforceraient « d'en montrer tout

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