No du 15 août, t. lv, p
6. L. Venard, La valeur historique des Livres saints, 1908, t. lvi, p. 18-45; H. Lesêtre, La valeur prohante du miracle, p. 257-281; J. Touzard, Les prophéties de l'Ancien Testament, p. 513-548; E. Vacandard, L'institution formelle de l'église par le Christ, 1909, t. Lvii, p. 5- 39; F. Dubois, L'Évangile et le dogme, p. 257-294; Pr Pourrat, L'institution divine des sacrements, p. 513-540. De cette œuvre collective M. Bricout lui-même se réservait de tirer la conclusion (15 mars, t. Lvn, p 641-676).
ESSAIS d'agitation : EN FRANCE 377
sades., Dès le 16 juillet 1907, Demain avait cessé de paraître « pour une durée de quelques mois ^, » non sans insinuer, en, guise d'adieu, que l'acte du Saint-Office menait à « une dangereuse impasse » (p. 623). A d'autres l'encyclique parut encore plus déconcertante : G. Fonsegrive se fit leur écho dans le Temps du. 28 septembre^. Au cours de ces pages, l'auteur se donnait comme un témoin; il voulait représenter une attitude : , '
Celle des catholiques, plus nombreux qu'on ne le pense, qui, très respectueux de la parole du pape et de son autorité, décidés à se soumettre à ce qu'il enseigne, à ce qu'il commande, se rendent cependant un compte très net que, si les auteurs modernistes ont été répréhensibles, cependant tout chez eux ne paraissait pas condamnable; que si, parmi leurs formules, plusieurs répugnaient au sens catholique, plusieurs autres, bien entendues, ne paraissaient point altérer la substance de la foi et semblaient ouvrir, au contraire, d'engageantes et grandioses perspectives ; et enfin, surtout, que le problème qu'ils ont tenté de résoudre demeure posé.
Tout en reconnaissant donc que « les modeijnistes ont produit dans l'Église entière un ébranlement, comme une sorte de fièvre,... cause d'une inquiétude spirituelle, d'un prurit d'aventures intellectuelles, d'une fermentation tumultueuse des ûmes, qui avait son intérêt, mais présentait, avec quelques avantages, des caractères morbides et d'incontestables dangers, » il exposait que « l'encyclique vise avant tout lé clergé, » qui a besoin d'une préservation plus rigoureuse. Mais il notait que les laïques ne sont plus satisfaits de là scolastique traditionnelle, , et que la condamnation portée contre les erreurs rnodernistes ne dispensait pas de chercher une meilleure solution du problème, insinuant que les clercs eux-mêmes ne tarderaient pas à en ressentir le besoin et « qu'il suffirait 'peut-être de faire subir aux formules désapprouvées quelques corrections, ou d'y introduire quelques éclaircissements, pour qu'elles dévinssent irréprochables. »^
Voilà pourquoi il estimait que les modernistes ont, en somme, bien servi l'Église et que l'acte pontifical serait « le
1. « Sommeil menaçant », d'après le' P. de la Taille (Études, 1907, t. cxm, p. 650),, mais qui ne devait pas être suivi de réveil.