Fr. Veuillot, dans VUnicers du 3 octobre
2. Le catholicisme de demain, Paris, 1908, dont la préface est datée du 15 novembre 1907.
D'après le Siècle du 30 janvier 1909, Th. Delmont (p. 530) a cru pouvoir donner le nom du prêtre qui en serait l'auteur. La référence présente trop peu de garanties pour faire foj.
3. Les vrais sentiments de ceux-ci sont plutôt exprimés par M. Léon Chaine, qui, tout en revendiquant le droit de retenir son libéralisme et son franc-parler, s'avouait incompétent en matière de modernisme doctrinal et le montrait bien dans ses réflexions sur les actes pontificaux. Voir Menus propos d'un catholique libéral, Paris, 1908, p. 76-77, 115-129. - ' -
ESSAIS d'agitation : EN FRANCE 379
bien l'air, quoi qu'il s'en défendît, de plaider la cause du modernisme. Le principal de ses héros, l'abbé Octave Labruyère, après avoir échangé avec ses amis des propos diversement pessimistes, ne tient-il pas à Pie X (p. 164-186) un discours pathétique, pjDur lui afSrmer les bonnes intentions des modernistes ou solliciter du moins son indulgence à leur égard? Il n'est pas jusqu'au dernier mot du pape qui, dans sa sévérité, ne recèle encore une espérance : « Vous reviendrez, cher fils, implorer de Notre Successeur la grâce de vos modernistes. » Mais ces dialogues symboliques, où perce l'imitation d' Tl Santo, ' s'ils traduisaient quelques désenchantements individuels, n'avaient pas assez de relief pour agir sur l'opinion.
Ce que « Jehan de Bonnefoy » espérait du pape futur, A. Jounet ^ l'attendait des consciences individuelles.
Arrière l'ancien adage : Romalocuta est, causa finita est. Les temps sont changés. En face du pape, il y a maintenant l'Esprit, auquel le pape doit être soumis (p. 13-14).
Car la doctrine de l'infaillibilité « soumet le pape au vrai, et, indirectement, au plus humble fidèle, au moindre laïque dès qu'il est capable de vérifier le vrai » (p. 34). Et comme « le vrai » est évidemment chez les modernistes, l'auteur de prophétiser (p. 35) : « La maîtrise que l'infaillibilité exerce sur le pape le conduira à signer ce concordat avec la recherche libre que je souhaitais plus haut. »
I] y avait déjà plus de vigueur dans l'opuscule intitulé : Lendemains d'encyclique et signé : « Catholici » ^. Cette signature, qui laisserait croire à la pluralité d'auteurs, est évidemment faite pour donner le change. En réalité, fond et forme y dénotent l'unité de rédaction^.