‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 28 sur 451 · A. Vermeersch, De modernismo (1910), p · texte numérisé non relu

A. Vermeersch, De modernismo (1910), p

3. R. von Kralik, £m Jahr kath. Literaturbewegung, 3^ édit., Ratisbonne, 1910, p. 67-68.

4. Voir Th. Delmont, Modernisme et modernistes (1909), p. 1. Cf. p. 18. " ■

5. Hi'st. du modernisme calh., p. 81-86. Mais Fauteur ne distingue' pas ses propres trouvailles des indications qu'il emprunte à ses prédéces-^ seurs. La chronologie bibliographique permet de faire ce départ avec une. suffisante approximation.

6. An die Burgermeyster... ynn Deuischen landen (1524), dans Luthers Werke, édit. de Weimar, t. xv, 1899, p. 52.' Cf. p. 50. Ce texte. est déjà relevé dans J. Kûbel, loc.-cit. -^

ne l'a forgé, un vocable polémique établi sur l'exagération voulue de ce caractère ■■•.

Il ne s'agit d'ailleurs là que d'un précédent tout à fait isolé. Sans doute ce terme est-il d'usage courant dans la littérature anglaise. On en cite de nombreux exemples à partir du xvi^ siècle, ainsi que, depuis le xvm^, de son corrélatif abstrait 2. Mais l'un et l'autre sont absolument indépendants de Luther, et s'emploient simplement pour traduire Une tendance à la nouveauté sans aucune signification doctrinale ^. En Allemagne, ce mot ne semble pas avoir eu le même succès. Non seulement il est ignoré des anciens lexiques indigènes *, mais il est curieux de noter que même les traducteurs des dictionnaires anglais évitent de s'en servir à l'endroit correspondant, et préfèrent recourir à des périphrases ou à des synonymes ^. . , -

Chez nous, le plus ancien témoin connu du terme concret est J.-J. Rousseau, qui s'en sert pour qualifier les tenants de certaine forme de matérialisme qu'il se propose de réfuter :

Vous, matérialiste, qui me parlez d'une substance unique,... vous êtes obligé de résoudre mes difficultés d'une façon pleine-

i. Quelques éditions, il est vrai, ont corrigé ceterme en « modistes d, J.eçon-qui donnerait un sens acceptable' à l'adresse des grammairiens dii temps qtii~ écrivaient dès traités De modis significandi. Mais les éditeurs de Weimar ne voient aucune raison d'abandonner, le textes fcçû. En quoi ils se réfèrent aux conclusions formulées par O. Albrecht, dans Theol. Siudien und Kritiken, t. lxx, 1897, p. 708-709. • 2.^. Bradley, dans J. Murray, ^ new english dictionary, Oxford, 1908, t. VI, 2e p., p. 573-574. . .

3. A côté de modernism, la plupart des dictionnaires connEiissent aussi, dans le mêm.e sens, le terme cousin moderness.

4. Il ne figure pUs dans J. et W. Grimm, ni dans D. Sanders, bien que tous deux connaissent l'adjectif modem, et qiie d'autres admettent le verbe moderhisieren.

5. Voir N..-Bailey, trad. Fahrenkrûger, léna, 1822, p. 633; Chr. Ludwig, A dictionary english, german and french, Leipzig, 1791, p. 541; J.-G. Flûgei; A complète dictionary, Leipzig, 1830, p. 673.

Il n'est mentionné par les spécialistes qu'à titre de terme étranger i:t souvent proscrit comme barbare. Voir D. Sanders, Fremdwôrterhuch, 2e édit., Leipzig, 1891, t. n, p. 81 ; J.-Chr.-A. Heyses, Allgemeines Fremdwôrterbuch, 20^ édit., Hanovre, 1919, p. 551. Renseignements dus à R. von Kralik, op. cit., p. 67, d'ovi ils sont passés dans A. Houtm, p. 88, mais avec beaucoup de vague et quelques confusions.

ment satisfaisante... Vous, épicurien, vous composez l'âme d'atomes subtils... Vous, moderniste, vous me montrez une cellule organique ^...

Cette autorité n'a pas suffi à faire entrer le mot dans' le dictionnaire de l'Académie française^; mais elle est retenue par Littré, qui généralise d'ailleurs la notion du « moderniste » en le définissant : « Celui qui estime les temps modernes audessus de l'antiquité^. » On trouve également ce texte et cette définition dans Larousse, qui signale, en outre, cette autre application assez ancienne : « Philosophe ou historien qui nie l'antiquité des civilisations chinoise, indienne, égyptienne et regarde les Grecs comme les véritables fondateurs de la civilisation générale, » avec, en guise de preuve, cette seule cita-, tion sans référence : « On s'étorne qu'il y ait des modernistes parmi les gens qui savent lire ^, »

En dehors de cette acceptation technique, sans doute éphémère et aujourd'hui bien oubliée, et de l'allusion polémique, unique en son genre, que contient l'œuvre de Luther, le terme modernisme garde partout ailleurs, en Angleterre où il est courant aussi bien qu'en France où il est plus rare, une signification conforme à son étymologie, c'est-à-dire le souci d'être moderne, l'affectation de suivre les goûts du moment.

Suivant le principe adopté pour critère, cette disposition peut être interprétée en bonne ou en mauvaise part. Dans l'ordre littéraire, elle peut signifier la tendance au néologisme, la rupture avec l'art classique : c'est pourquoi, chez les auteurs anglais, modernism fut souvent un qualificatif de blâme ^. Mais par là on peut aussi entendre la fraîcheur et la nouveauté de l'inspiration : ce qui devient alors une qualité.

A cette nuance favorable et optimiste se rattachent les auteurs français qui ont usé de ce terme. Telle était évidem-

1. J.-J. Rousseau, Lettre du 15 janvier [1769, dans Œuvres complètes, V axis, 'i.?,^^, t. XXII, p. 134. ■ •.

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