Il est encore absent de la 7^ édition, Paris
3. E. Littré, Dictionnaire de la langue française, t. n, p. 585. Cette définition est déjà signalée, ainsi que le texte de Rousseau, dans A. Vermeersch, loc. cit.
4. Larousse, Grand dictionnaire universel, t. xi, Paris, 1874, p. 362.
5. Dans une lettre à Pope, en date du 23 juillet 1737, S'wift déplorait a the corruption of english by... quaint modernisms ». J. Murray,, loc. cit.
ment l'intention des jeunes poètes qui créèrent, en 1884-1885, une Revue moderniste, littéraire, artistique et philosophique. De même un prêtre du diocèse d'Auch, M. Clergeac, présentait «le modernisme en littérature » comme « une manière plus large de comprendre et de saisir l'œuvre d'art, l' accueil bienveillant qiie nous ferons aux diverses manifestations de l'idéal » ^. Jusque sous des plumes théologiques, le mot restait synonyme de saine actualité. C'est ainsi qu'un recenseur anonyme du P, Semeria pouvait relever chez liai, entre autres mérites, «un modernisme de bon aloi » ^, et que Mgr Batilîol a parlé du « modernisme de Bautain »^. N'est-ce pas l'époque où F. Brunetière célébrait, pour lui en faire un titre de gloire, la « modernité » de Bossuet?
Mais, appliqué à une doctrine religieuse comme celle du christianisme qui vit de tradition, le « modernisme » était presque nécessairement prédestiné à rendre un son fâcheux. Aussitôt qu'il entrerait sur ce nouveau terrain, une rapide évolution sémantique allait peu à peu le rapprocher de son sens actuel.
Ce rapprochement s'est fait en deux étapes" que le même terme a servi à désigner.
Dans son opposition à l'Ancien Régimie, le xix® siècle a fait, de bonne heure, entrer l'émancipation.de la conduite et de la pensée par rapport à la foi religieuse, c'est-à-dire pratiquement l'indifférence ou même l'hostilité à l'égard de l'Église. Aux penseurs qui se plaisent à méditer la philosophie de l'histoire, ce trait a paru suffisamment caractéristique de notre
1. A. Clergeac, 1,6 modernisme en littérature. Discours prononcé à la distribution solennelle des prix du collège de Gimont (Gers), le 25 juillet 1901. Voir A. Houtin, p. 84. Mais l'auteur se trompe en faisant de M. Clergeac, sous prétexte que son discours est imprimé à Toulouse, « un prêtre du clergé toulousain ».
2. Bulletin de liit. eccl., avril 1903, p. 127. Un an plus tôt, le même qualificatif était appliqué àJVIgr Batiffol par L. de Grandmaison. £mdes, t. xcii, 1902, p. 554, pour l'allure littéraire de ses Éltides a histoire et de théologie positive.