Cf. Choses payées, p
5. Elles parurent, vers la fin de janvier 1908, sous la forme d'un nouveau petit « livre rouge », modestement intitulé : Simples réflexions sur le décret du Saint-Office «Lamentabili sane exitu n et sur V encyclique « Pascendi dominici gregis ». -
ESSAIS d'agitation : EN FRANCE C83
examen » le texte du décret Lamentabili, en vue, disait-il de chercher « le rapport qui existe entre les opinions condamnées et mes opinions véritables. » (P. 6-7.) Ce plaidoyer pro domo s'élargissait davantage à propos de l'encyclique, au sujet de laquelle M. Loisy, après s'être documenté auprès de G. Tyrrell sur la part qui pouvait lui revenir ^, déclarait écrire « afin de montrer... dans quel rapport les opinions attribuées aux modernistes Se trouYent à l'égard de celles qu'ils ont réellement soutenues. » (P. 14.) Au demeurant, parce qu'il se rendait bien compte d'avoir « fourni en plus grande proportion qu'aucun autre catholique les matériaux que les théologiens de Sa Sainteté ont élaborés en système, » (p. 15-16), c'est encore à ses propres ouvrages qu'il en demandait surtout le contrôle. De" sorte que les Simples réflexions allaient prendre l'allure d'une vérification historique des documents pontificaux, par l'auteur même qui s'y sentait le plus directement atteint ^.
A l'entendre, le rapport ainsi cherché des textes romains à leurs sources les plus certaines, serait celui d'une totale et grossière déformation.
De même que les théologiens du Saint-Office, pour avoir des propositions parfaitement condamnables, ont souvent altéré, quant à la forme et^quant au sens, les textes où ils les voulaient prendre, et dont on a d'ailleurs tout lieu de croire qu'ils ne cherchaient pas ou ne voulaient pas saisir la signification précise, ainsi les rédacteurs de l'encyclique, pour construire avec des éléments hétérogènes et disparates un système assez cohérent, du moins en apparence, ont dû se livrer à leur exercice favori, la déduction syllogistique, en partant d'opinions qui ne leur étaient point familières et qu'ils ont faussées, par le seul fait de les transformer en principes absolus et en base de raisonnement (p. 19).
A l'appui de cette thèse initiale, l'auteur reproche au Saint-Ofiîce d'avoir « altéré » (p. 51, 59, 93) ou « changé » (p. 105) le sens des sourcess dont il s'inspire. Il se plaint de confusions (p. 80), ou d'interprétations exagérées (p. 66), et c'est pour ainsi dire â chaque page qu'il oppose triomphaletaient à chacune des propositions censurées leur prétendu texte original. Le ton est encore plus agressif à propos de
1. Voir la réponse de celui-ci dans G. TyrrelVs letters, p. 85-87.