Selected letters, p. 152-153. Cf. p
lique,»(p. 230-231), en comptant, bien entendu, sur l'appoint des modernistes pour s'en rapiDrocher davantage. Cependant la solitude est mauvaise conseillère. G. Tyrrell envisageait parfois l'hypothèse où le programme moderniste lui paraîtrait intenable : auquel cas il se déclarait prêt à passer « au protestantisme, au "positivisme, à l'anglicanisme, au socialisme, ou, jjlus vraisemblablement, au nihilisme^.» Ces troubles d'âme se précisèrent, yers cette époque, en une sérieuse tentation de revenir à « l'Eglise de son baptême^. » D'autres fois, ses sympathies allaient aux « vieux-catholiques » ^, et ceux-cij'ont revendiqué tout au moins pour l'âme de leur Église *. « Malgré tout, et pour si incommode, délicate, complexe que fût sa situation dans le catholicisme romain, il sentait qu'il était de son devoir d'y rester ^. »
Son mysticisme s'avérait d'ailleurs, dans l'intimité de plus en plus révolutionnaire. A son vieux système de symbolisme'dogmatique, aussi vivant que jamais dans son esprit et qui réduisait la révélation chrétienne à l'amour ^, s'ajoutait l'idée d'une « restauration de la hiérarchie », qui consisterait dans un nivellement de la papauté, de manière à rétablir sur sa base, c'est-à-dire sur le regale sacerdotium du peuple chrétien, la pyramide ecclésiastique maintenant posée sur sa pointe ^. Encore lui semblait-il douteux que tout cela pût sauver l'Église romaine, qui lui paraissait ne pouvoir être réformée, aujourd'hui comme autrefois, que par une puissante révolte laïque aboutissant à une contrainte légale ^. Sur quoi la question se pose évidemment de savoir ce qui pouvait encore rester de foi catholique dans l'âme agitée de cet anarchiste pieux, dont l'attitude réfor-
1. Lettre du 23 avril 1908, dans G. Tyrrell' s lellers, p. 115.
2. Autobiography and life, t. ii, p. 366-378. Le fait est également reconnu par Fr. von Hûgel [Selected lellers, p. 167).