‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 303 sur 451 · Voir 1907, t. iv, p · texte numérisé non relu

Voir 1907, t. iv, p

4. A. Houtin, p. 235^ Cî. J.-M. Vidal, hc. cit., t. lvii, p. 52-53.

ESSAIS d'agitation : EN ITALIE 409

rances et méthodes messianiques de Jésus, où l'on affirmait l'intention de rester dans l'Église et de participer à ses sacrements, en raison de leuç valeur symbolique, jusqu'au moment où surviendraient des mesures personnelles de sanction, à moins que le jour ne vînt plus tôt de liquider tout opportunisme et de déployer à découvert le drapeau du nouvel Évangile ^. En attendant, le directeur et ses collaborateurs immédiats se dissimulaient sous des noms d'emprunt.

Mais, biçn qu'elle se fût. efforcée de grouper autour d'elle tout r état-major du modernisme, - la revue Nova et cetera ne put atteindre la fin de l'année. Elle fut remplacée, dès janvier 1909, par la Cultura contemporanea, qui, sous la direction d'un jeune laïque, M. G. Quadrotta, vécut jusqu'en juillet 1913. Des Pagine buone, publiées également à^ Rome en 1908, ne dépassèrent pas l'année de leur naissance. Ce < qui montre que la fidéKté du public était loin de répondre aux vœux des agitateurs.

Tous ces faits prouvent du moins l'existence et- la persistance, à Rome même, d'un petit foyer où le modernisme doctrinal prit sa forme la plus aiguë, en s'associant par surcroît à des visées de véritable apocalypse sociale. Il était dès lors notoire que des prêtres y étaient mêlés. Au moment du procès intenté par le P. BricareUi (avril-août 1911) à l'apostat G. Verdesi, qui l'avait accusé dans les journaux d'avoir violé à son égard le secret de la confession, le nom des principaux fut inopinément jeté dans le public avec le texte même de la pièce où Verdesi, qui fréquentait alors ees milieux, les dénonçait au Vatican (octobre 1908).

Le chef en était M. BuonaLuti, signalé comme « directeur de la revue Noi>a et cetera, où il écrivait sous le pseudonyme... de P. Vinci », et comme auteur, « peut-être avec la collaboration de Turchi, » des Lettere di un prête modernista. Autour <ie lui se seraient groupés, avec une ferveur variable, les adeptes suivants : MM. Mario Rossi, vicaire à la Madonna dei Monti; Giovanni Pioli — qui signait « docteur Aschenbrôdel » — et Nicolas Turchi, professeurs au collège de la Propagande ; Ottorino Coppa, professeur de littérature au

1. E. Buonahiti, p. 113-126. « La publication de ces opinions, observe S'auteur (p. 114), produisit une impression de stupeur et de scandale. »

collège irlandais ; Luigi Piastrelli, prêtre de Pérouse, alors étudiant au collège léonien. Dans l'intervalle de ces trois ans, plusieurs des inculpés avaient déjà quitté Rome. Les autres, savoir MM. Rossi, Coppa et Buonaiuti, vinrent à la barre affirmer leur orthodoxie catholique, mais sans parvenir à se laver de tous soupçons ^. C'est seulement dans ces dernières années, sous le coup de tardives censures ecclésiastiques, que M. Buonaiuti a fini par jeter le masque pour se faire ostensiblement l'apôtre du modernisme le plus échevelé. De son côté, en 1910, M. Battaini ressuscitait la Cultura moderna, où il déversait avec flamme ce qu'on a fort bien nommé « un modernisme de deuxième marque et de deuxième main. »

Mais pour n'être qu'un vulgarisateur de la pensée et des ouvrages d'autrui, il n'a pas la discrétion séante à un élève. Pour autant que des hommes comme lui sont capables d'avoir des spécialités, il possède celle de dénigrer le célibat ecclésiastique. En vérité, il disserte un peu de toutes choses. Il a sa revue, comme tout réformateur qui se respecte... Elle pratique l'importation des idées de l'étranger touchant le problème religieux « sans égard à aucune variété confessionnelle...» Et puis il y a une poignée de notes fugitives qui tiennent de la chronique scandaleuse et du fait divers anticlérical ^.

On pense bien que M. Murri ne se résignait pas au silence. Après avoir suspendu sa Rivista di cultura en mars 1S08, il la reprenait, en janvier 1909, avec la collaboration de M. Minocchi^, en attendant d'y substituer le Commenta*, qui parut du 5 janvier 1910 au 20 mars 1911, puis de s'atteler

1. Sur l'ensemble de cette affaire, dont l'intérêt fut surtout rétrospectif, voir la publication documentaire des jésuites : Il segreto di confessione ai trihunali di Roma (Rome, 1912) et le récit détaillé qu'en donne A. Houtin, p. 363-383.

2. J.-M. Vidal, Toc. cit., t. lxii, p. 468. C'est dans ces conditions que D. Battaini pouvait se rendre le témoignage {Cultura moderna, novembredécembre 1913, |p. 344) d'être a capo di un gruppo di preti e laid colti che per il numéro et l'ardimento si puo considerare corne non inferiore a nessun altro gruppo di modernisti. Quant au coraggio, ii avait conscience que sa feuille était indubbiamentè la piu coraggiosa riiàsta religiosa d'Italia e, jorse, d'Europa.

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