Der Modernismus, p. 154 et
4. Sur l'extérieur de ces diverses affaires, on peut consulter M. Pernot, La politique de Pie X, p. 73-116.
5 J. Kûbel, p. 68.
Genèse ^. Comme principaux lieutenants, il avait le D' Otto Sickenberger pour les questions théologiques et pédagogiques, le D'^ Karl Gebert, alors président de la KrausgeseUschaft, pour la philosophie et la littérature. Mais l'esprit anticatholique de la feuille était, dès lors, tellement visible que le D'^ J. Bumiiller, dont elle persistait à se réclamer comme fondateur, avait hâte, tant en son nom personnel qu'en celui du feu D'^ Klasen, de rompre avec elle toute sohdarité ^. En même temps, le D"" Engert se hvrait à la propagande orale. L'espèce de programme qu'il esquissait, en janvier 1909, du « modernisme allemand »^'et qui amorçait une série de/( conférences modernistes » montre que, pour lui, le « modernisme » n'était guère qu'une forme de rationalisme antichrétien.
En 1909, le Zwanzigste Jahrhundert devenait Das neue Jahrhundert (Le nouveau siècle), avec ce sous-titre significatif : « Organe des modernistes allemands. » Le moder- ' nisme y était d'abord synonyme de critique religieuse.
Il faut que les catholiques apprennent une bonne fois, y déclarait-on le 7 février 1909, que les dogmes ne sont pas tombés du ciel comme autant de vérités toutes faites, mais qu'ils furent le résultat d'un travail presque millénaire et que ce travail n'est pas encore fini... Notre premier et principal but est de montrer que les valeurs et formes religieuses furent changeantes depuis le commencement et le sont encore aujourd'hui... Ensuite viendra la réalisation de notre second idéal : réconciliation du catholicisme et de la culture moderne *.
Dès pointes hardies ou insidieuses y étaient poussées, en conséquence, sous forme de questions, contre l'un ou l'autre des dogmes catholiques, de manière à rendre effectif « le droit au doute » qu'on y revendiquait à l'occasion ^. La papauté surtout y faisait l'objet de persistantes critiques. A quoi ne manquaient pas de s'ajouter le piment des scan-
1. « Sous sa direction, le journal atteignit une hauteur d'inspiration •scientifique, spécialement en matière d'histoire des religions, qu'il ji' avait jamais eue auparavant. » J. Schnitzer, p. 41.
2. Voir Chronik der christ. Welt, 13 août 1908, t. x^in^ p. 385-386.