Ibid., n» du 25 avril, p
ESSAIS d'agitation : EN ALLEMAGNE 423
dales ecclésiastiques, la chronique des « évasions » et l'inévitable campagne contre le célibat du clergé.
Malgré tout, l'enseigne ne dut pas faire recette, puisqu'elle était remplacée, dès le 26 décembre, par cette autre moins voyante : « Journal hebdomadaire de culture religieuse », cependant que la direction -passait aux mains d'un jeune laïque, ' ancien séminariste de Rottenbourg congédié pour cause de modernisme, le D"" PhiUppe Funk. Celui-ci se proposait de réagir contre la tendance purement négative et polémique du journal, pour y poursuivre désormais une œuvre positive de « réforme intra-cathoHque » ^. Grâce à lui, le Neue Jahrhundert allait servir, jusqu'en 1914, de centre de ralliement à, un noyau de protestataires sous le patronage, officiel de la Krausgesellschaft.
Sans aborder aussi directement qu'autrefois le domaine du dogme, le modernisme y garda bien encore son caractère doctrinal. Plusieurs de ses collaborateurs affectaient de professer ouvertement l'immanentisme condamné par l'encyclique, et c'est en quoi ils déclaraient se distinguer de l'ancien Reformkatholizismus^. La direction elle-même prenait la responsabilité d'une sorte de référendum parmi ses lecteurs ^, où chacun ferait savoir ce qui est, à son point de vue, « inutilisable dans le catholicisme romain ou ce qui pourrait être trAiisforiné au profit de ses besoins nioraux et religieux », On s'y réclamait de M. Loisy comme d'un « prophète » * et l'on- y publiait des pages de G. Tyrrell^. Il paraît cependant que le symbolisme dogmatique n'y était le fait que de minimes exceptions : de quoi le D^ Funk se vantait comme d'une supériorité sur le modernisme « romaniste ». Ce qu'on y revendiquait, en revanche, très haut, c'était l'indépendance par rapport à Rome et, d'une manière générale, le droit de ne pas être des esclaves en face de l'autorité, qui devaitêtre conçue comme l'éducatrice et non la maîtresse des âmes ^,