Ami du clergé, 15 avril 1901, t. xxm, p
table au rapporteur. Mais, outre que cette expression abrégée répond bien à l'esprit de sa source, la légère majoration qu'elle comporte n'est-elle pas, à sa manière, un indice du tour quQ prenaient déjà certaines imaginations?
En Allemagne, une agitation réformiste commençait pareillement à se produire, qui donnait à Mgr Keppler, évêque de Rottenbourg, l'occasion de déclarer : « Il ne s'agit pas de moderniser le christianisme, mais de christianiser la civilisation moderne ^. »
Ces diverses approximations mettaient évidemment sur le chemin du terme abstrait qui synthétiserait ces tendances. Toute la question est de savoir à qui en revient la primeur.
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D'ordinaire, on attribue l'introduction du terme « modernisme )' aux défenseurs de la tradition, qui s'en seraient servis pour qualifier par là le courant auquel ils croyaient devoir s'opposer. Il semble bien qu'il en soit ainsi, encore que les essais communément tentés de désignation trop précise soient sujets à caution.
Naturellement on trouve ici le contre-coup de toutes les passions qu'a soulevées le fond même du modernisme. Parce qu'on voulait que la chose fût inventée, faussée ou surfaite, la question du mot devenait un symbole à cet égard et presque un argument. « Le- nom est d'invention récente, affirmait M. Loisy, et il a été trouvé par les adversaires orthodoxes de ceux à qui on l'applique ^. » « Invention de la Curie », précisait de son côté M. Schnitzer^. Avant lui, H. Holtzmann en imputait la responsabilité aux jésuites de la Civiltà cattolica^, mais, et sans doute pour cause, sans la moindre réfé-
1. Texte cité par C. Laurent, dans Demain, 5 janvier 1906, p. 3. On a relevé plus haut (p. i 9) le même langage chez le P. Weiss. La (c modernisation » de l'Eglise constituait le principal programme du Reformkaiholizismus. Voir Der Katholik, 1902, t. i, p. 135.
Chez nous aussi, le Congrès sacerdotal de Bourges faisait redouter à Mgr Isoard, évêque d'Annecy, une « modernisation de la foi catholique ». Voir Reçue du clergé fr., 1901, t. xx^i, p. 194-196.