‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 320 sur 451 · La politique de Pie X, Paris · texte numérisé non relu

La politique de Pie X, Paris

2. Dans le n" du 1^' mai 1908, M. P. de Quirielle y prenait expressément la défense de M. Loisy à propos de la publication de ses Quelques lettres. '

A cette verve déchaînée l'encyclique allait fournir un nouvel aliment. Dans le Siècle du 17 octobre, M. Loyson exhalait ses vieilles rancunes contre la papauté ^. A. Houtin y rédigait une chronique religieuse permanente dont le nom de l'auteur dit suffisamment l'esprit. Le Temps, qui, le 18 septembre, avait présenté l'encyclique comme un « morceau tout à fait remarquable de logique et de polémique », passait bientôt à d'autres sentiments et, le 28, ouvrait ses colonnes aux doléances aigres-douces de G. Fonsegrive ^. Également conquis à cette méthode, le Siècle lui-même recueillait plus tard (8 novembre) les prophéties agressives risquées à l' encontre de l'acte pontifical par J. de Narfon ^. Il n'est pas jusqu'aux lecteurs de la. Reçue des Deux Mondes qui ne fussent initiés à ces nouveaux aspects du problème religieux par la plume de son directeur Francis Charmes *. D'une manière générale, tous les journalistes trouvaient leur mot à dire sur la question et les plus lourds avaient tout au moins la ressource de f aciles'brocards sur le pape ignorant, sur le « curé de campagne » borné, qii'on opposait pour la circonstance à la finesse de Léon XIII ^. Pour beaucoup, le « modernisme » continuait toujours à se confondre avec le cas de M. Loisy, et la cause bénéficiait évidemment de la notoriété qui s'attachait à ce nom. Bien qu'il dût reconnaître dans son œuvre « un catholicisme un peu spécial, » l'obscur député Pierre Poisson la voulait néanmoins mettre en rapport avec « le véritable mouvement catholique des temps modernes, » savoir « le mouvement fécond qui a créé les sciences, qui a constitué un corps de vérité commun avec tous les esprits qui pensent^ » et augu-

1. « Quant au pape Pie X, j'estime, disait-il, que, par son encyclique et son Syllabus, il aurait prononcé sa propre déchéance, si la déchéance de la papauté elle-même n'avait été prononcée par le pape Pie IX... Il' servira d'instrument à la Providence pour achever la déconsidéralion et finalement la ruine d'un système... incompatible, non par accident mais par nature, avec la science comme avec la conscience. »

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