‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 321 sur 451 · Voir A. Houtin, p · texte numérisé non relu

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rait qu'en rexcomûiuniant « c'est elle-même que l'Église excommunie ainsi de la vérité ^. »

Sans négliger la personne de M. Loisy ^, la Grande Revue ouvrait à ses lecteurs de plus vastes horizons. L'affaire du inodernisme n'était qu'un incident dans la politique générale de Pie X, qui tendait à centraliser autour du Saint- Siège toute la pensée de l'Église comme tous les fils de son , gouvernement, et à supprimer au profit de cette dictature toutes les initiatives de la vie locale. Pour arriver à cette fin, il- fallait une hérésie que Rome se donnerait le luxe d'écraser : ce qui lui permettrait d'imposer au monde catholique, par réaction, les formes les plus ' absolues de la soumission disciplinaire et du conformisme doctrinal. C'est par là que s'expliquerait « l'immense bluff du modernisme,.» hérésie imaginaire ou du moins grossie, à plaisir, mais qui n'en a pas moins permis de substituer « à l'activité large et féconde de l'idée catholique... l'étroite et stérile intransigeance de l'idée romaine. »

Telle est la philosophie profonde que développait un article intitulé -.L'impérialisme romain^. Ces pages de haute fantaisie étaient signées : « Granvelle », pseudonyme derrière lequel d'aucuns, à l'époque, crurent découvrir P. Sabatier*. Sur le même plan, on devait voir mieux encore, quand M. J. R. Slattery dénoncerait dans l'encyclique des visées de véritable « impérialisme » politique et une secrète tendance à restaurer la théocratie médiévale ^.

Plus intelligents sinon plus discrets, d'autres censeurs de journal feignaient de prendre le parti de l'Éghse, pour lui offrir, dans cette crise douloureuse, le concours imprévu de leur sagesse. Et comme les propos d'un simple journa-

1. Le catholicisme et M. Loisy, dans Rei>ue bleue, 1" juillet 1908 "Ve série, t. x, p. 12rl7.

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