Voir lés titres de ses articles dans R. Goût, p
6. Le tout s'intitulait : « Bibliothèque de critique religieuse. » Elle était d'ailleurs assez éclectique pour accueillir également Le christianisme de l'avenir et la théologie nouvelle de R.-J. Campbell (1909).
Un mouvement parallèle se dessinait en Italie. La Soci'età internazionale scientifico-reli'giosa, qui avait publié le Programma dei modernisti et lançait la revue Nof^a et fêtera, semblait se promettre le/ même genre d'action. Mais elle n'existait, paraît-il, « à peu près que comme un titre et pour épouvanter la' hiérarchie ^. » En tout cas, le.public italien futmis en mesure de connaître les ouvrages saillants de G. TyrreU 2.
En Allemagne, la maison Diederichs d'Iéna se spécialisait dans la publication des Reformkatholische Schriften, sous le patronage de la Krausgesellschaft. C'est ainsi qu'elle donnait, en 1908, le Programm. der italienischen Modernisten, puis VAntwort der frdnzôsisehen Katholiken an den Papst, traduction par René Prévôt de l'opuscule français signé « Càtholici »; en 1909, Zwischen Skylla und Charybdis de^ G. Tyrrell, et la traduction par jDtto Ekkehard du Calio-licismo. rosso de Prézzolini sous ce titre moins voyant : Wésen, Geschichte und Ziele des Modernismus, puis Kàmpfe ' von heute.de R. Murri.
Il n'est pas jusqu'au monde anglo-saxon qui. ne rompît avec ses traditions de « splendide isolement ». Le Programma dei modernisti y connut deux traductions : l'une, œuvre y ersonnelle de G. TjTrell : The programmé of modernism (Londres, 1908), qui parut avec une préface du Réy. Lilley; l'autre. spéciale à l'Amérique (New- York, 1908)i Un peu plus tôt', la brochure anonyme Quello che vogliamo avait également été traduite. par les soins du même Rév. Lilley : What we want {Londres, 1907).
Plus" encbre que les manifestes doctrinaux, jce sont .les affaires mêmes du modernisme qui offraient de l'intérêt pour ses partisans, et risquaient de retenir davantage la frivolité de l'opinion. La presse du parti pourvoyait à ce besoin d'information au jour le jour. Avant de disparaître, les Siudî
1. Lettre de P. Sabatier, en date du 25 décembre 1907, dans A. Houtin, p. 421. ^f
2. Medioevalismo, trad. P. Vinci, Rome, 1908; Cristianesimo al bicio, trad. A. Cervesato, Rome, 1910. La même année, la. ieMre à un professeur- d'anthropologie y connaissait une seconde édition. On a mentionné plus haut (p. 412) l'entreprise systématique, detraductionà' laquelle s'attelait," dans un cadre plus vaste, D. Rattaini.
religiosi avaient encore le temps d'initier leurs lecteurs à la crisi odierna del cattolicismo in Germania ^. Plus tard, ce fut le Rinnovamento, puis Nova et cetera qui les remplacèrent dans ce service. Bien qu'il s'attachât de préférence aux choses d'Allemagne, le Neue Jahrhundert s'appliquait aussi à ravitailler ses clients de nouvelles, généralement assez exactes, sur l'état du niouvement à l'extérieur. En France, faute de périodique proprement inféodé au modernisme, le Journal dès Débats en faisait régulièrement la chronique, et le Bulletin de la Semaine publiait les principaux documents ^.
Il manquait cependant au modernisme un organe pour ainsi dire officiel, spécialisé dans la défense de sa cause. Cette lacune fut comblée, en janvier 1910, par la création de la Reçue moderniste internationale, qui paraissait à Genève sous la direction d'un ancien prêtre sicilien, M. Antonino di Stefano, et s'efforçait d'obtenir le concours des. modernistes les plus notoires du rnonde entier. EUe put vivre jusqu'en juin 1912. La première année, elle avait publié des articles, la plupart d'ailleurs pseudonymes ou signés de noms obscurs, en français, en allemand et en italien; dans la suite, elle ne parut plus qu'en français. Il n'est pas de collection plus précieuse sur la dernière phase du mouvement; mais articles et informations y trahissent l'influence croissante de l'esprit protestant et « vieux catholique ». Grâce à elle, le « modernisme » tournait à la secte anti-romaine, avec toute la haineuse mesquinerie de ses préventions.
Au mois d'août 1910, le cinquième « Congrès international du christianisme libre et du progrès religieux, » tenu à Berlin sous les auspices de la Ligue unitarienne d'Amérique, fournit au naodernisme l'occasion de s'affirmer publiquement. Quatre de ses plus illustres vedettes y prirent la pTirole : savoir, pour la France, P. Sabatier, qui parla des «relations de sympathie entre protestants et catholiques »; pour l'Italie, M. Murri, alors déplité, qui prit comme thème : « Église