‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 35 sur 451 · Siudi religiosi, 1905, t. v, p · texte numérisé non relu

Siudi religiosi, 1905, t. v, p

5. M. Delmont allègue encore le nom de R. Murri; mais son assertion reste incontrôlable, faute de preuves précises.

Le modernisme est à la modernité comme le capitalisme au ■capital et le militarisme à l'armée... Le modernisme de la science et celui de l'action partent tous les deux d'une erreur de critère et de fait — l'erreur spécifique de la Révolution — c'est-à-dire la condamnation et la suppression en masse de l'ancien parce qu'il est ancien, l'approbation et l'adoption en masse du nouveau parce qu'il est nouveau ^.

« Il se peut que le mot modernisme ait été employé en italien avant cette date, observe A. Houtin, mais c'est sous le plume de M. Benigni que je l'ai rencontré pour la première fois.^. » Jusqu'à cette heure, en tout cas, personne ne semble être remonté plus haut. Ce commencement de 1904 peut donc être provisoirement retenu comme l'époque qui marque l'avènement du « modernisme » dans la littérature polémique d'outre-monts.

Les théologiens ne tardèrent d'ailleurs pas à l'emprunter aux publicistes; C'est ainsi que, peu de temps après, deux biblistes conservateurs de la. Compagnie de Jésus, savoir, en Espagne, le P. Murillo {Critica y exegesis, Madrid, 1905) et, en Italie, le P. Schiffîni [Divinitas Scripturarum adversus noç>itates hodîernas asserta et vindicata, Turin, 1905) s'accordaient à corabattre l'exégèse critique, par eux considérée comme nouvelle, et que, pour ce motif, on a pu, dès lors et à leur suite, qualifier de « moderniste » ^.

Rien d'étonnant à ce que l'autorité s'en soit à son tour servie. Assez curieusement, mais, bien entendu, sans le moindre essai de preuve, le D'^ Major, porte-parole des <t modernistes » anglicans, voudrait en reculer l'usage « ecclésiastique » jusqu'au pontificat de Léon XIII*. Méprise

1. U. Benîgni, dans Miscellanea, janvier 1904, p. 100. Et l'auteur ■entend bien parler d'un « modernisme » catholique, puisqu'il dit tout a cote : « Rien de plus facile d'entendre un moderniste d'action, sympathiser avec Loisy, dont il n'a jamais vu un livre, ou un loysiste applaudir les tirades socialistoTdes applicjuées à la démocratie chrétienne dont le loysiste ne s'est jamais occupé. »

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