Major, English modernism, p
évidente, et qui n'a pour elle ni justification ni vraisemblance» En effet, dans l'état présent de la question, le premier exemple certain est fourni par une lettre pastorale, publiée le jour de Noël 1905, où les évêques des deux provinces de Turin et de Verceil parlaient, pour le déplorer, d'un rnodernismo nel clero. D'autres suivirent bientôt, notamment, dix-huit évêques et archevêques des Marches, qui dénonçaient pareillement, dans un acte collectif, cette « manie maladive d'introduire... dans tout le christianisme une- « renaissance » qui, vu son intention de tout moderniser, a reçu le nom de modernisme ^. »
Et le nouveau mal était bientôt assez connu pour qu'un journaliste libéral s'occupât des moyens de le traiter 2. Inversement, quelques-uns des auteurs visés lâchaient volontiers les excès du « modernisme » pour s'en tenir à une= sage « modernité ». Ainsi les Studi religiosi, où se lit proprement cette distinction : Il modernismo è l'eccesso, la parodia délia modernità^ . On voit que le terme « modernisme » commençait à être également familier aux deux camps.
Ces diverses lettres de l'épiscopat italien eurent pourréponse l'encyclique Pieni Vanimo (28 juillet 1906). On l'a parfois donnée *, mais à tort, comme le plus ancien document où Pie X parlerait' de « modernisme ». Le pape, en effet, se contente de blâmer ceux qui invoquent pompeusement de solennelles nouveautés en des expressions comme celles-ci : nuovi orientamenti délia vita cristiana, nuove direzioni délia Chiesa, nuove aspirazioni delV anima moderna...^ nuoi'a civiltà cristiana e simili ^. On ne peut se méprendre sur l'allusion : c'est bien le « modernisme » italien qui est en cause; mais le mot ne s'y trouve point.
Toujours estril que cette pièce ne pouvait qu'encourager les dénonciateurs du « modernisme ». C'est, en tout cas, sur ces entrefaites et à cette occasion qu'on voit le terme entrer
i. Texte cité dans Demain, 3 août 1906, p. 7.
2. U. d'Angeli, Il modernismo e la sua cura, dans Rassegna nazionale, 16 juillet 1906, analysé dans Annales de phil. chr., 1906-1907,. IVe série, t. ni, p. 322.