Revue du cûrgé fr., IS^abût 1908, t. lv, p
preuve du contraire » — souligné par l'auteur — « que M. Turmel n'est ni Herzog ni Dupin et qu'il ne les connaît point. » Puis il s'appliquait à réduire la gravité des emprunts du plagiaire, qu'il se voyait contraint de concéder à M. Saltet. L'usage des manuscrits pouvait s'expliquer, à "ses yeux, par - le "fait que l'auteur les « communiquait facilement » : des copies ou des résumés avaient donc pu « passer entre plusieurs mains ».
Il lui fallait cependant reconnaître, "en définitive, que M. Turmel, s'il n'était pas « obligé » de démasquer cet abus de confiance, avait tout intérêt à le faire au plus tôt. D'où il concluait à l'adresse de son client :
Po.ur ce motif..., il est. très souhaitable que M. Turmel dise tout ce qu'il sait, afin de dissiper, autant qu'il est en son pouvoir, les obscurités qui continuent d'envelopper la question Herzog- Dupin et à cause desquelles bien des prêtres, aussi judicieux qu'impartiaux, déclarent suspendre leur jugement.
Tous les témoins de ce « débat troublant et scandaleux », suivant l'expression de M. Bricout, ne restaient pas muets. Mgr Baudrillart vint spontanément porter sa déposition à la barre de la Revue pratique ^apologétique ^. « Quoi qu'en pensent certaines personnes », il donnait toute son approbation à l'initiative de M. Saltet, qui avait fait, à son sens, « une œuvre de salubrité publique au point de vue moral, une œuvre de ferme et solide critique au point de vue scientifique. » De cette a œuvre » il appréciait ainsi le résultat :
Sans ces dénégations [de M. Turmel], il résulterait du travail accompK par M. Saltet avec tant de patience et de pénétration une sorte d'évidence, l'étroite parenté, sinon la parfaite identité, de Turmel-Lenain-Herzog-Dupin. [Car] il... reste... établi, aussi fortement que thèse sm. monde puisse être établie par la critique, que les idées maîtresses, les théories particulières, les références, les tournures de style de M. Turmel se retrouvent chez les trois pseudonymes, et avec un ensemble de circonstances qui établissent, à n'en pas douter, la dépendance de ceux-ci.
Étant donné pourtant que M. Turmel reniait « la paternité des écrits de Herzog et de Dupin », ce dernier était invité à' se découvrir et l'innocente victime de son plagiat