‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 376 sur 451 · Études, 5 septembre, p · texte numérisé non relu

Études, 5 septembre, p

3. Scuola catiolica, 1^' août, p. 263-281 ; Civiltà cattoUca, 5 septembre, p. 581-592; Revue d'hist. eccl, 1er octobre, p. 863-864; Theologische Mevue, IQ octobre, col. 502-503; Stimmen aus Maria-Laàch, 1908,

t. Lxxv, p. 315-316. « Verdict... véritablement, écrasant », écrivait E. Portalié, loc. cit., p. 605.

scientifiques, a écrit d'abord dans un sens orthodoxe et ensuite — naturellement sous un pseudonyme -^ dans l'esprit le plus tristement hostile à la foi. Quelque pénible qu'ait été pour tous cette tombée de masque, elle était; pourtant une action libératrice... Ses preuves [de M. Saltet] sont écrasantes... Si, pour un écrit quelconque de l'antiquité, la question d'auteur et la critique des sources étaient résolues avec une méthode aussi pénétrante et des arguments aussi concordants, ce serait pour la science une sentence définitive : res acta est.

Et cependant M. Turmel se taisait. Il s'est tu lorsque, de tous côtés, il lui fut objecté que son honneur exigeait impérieusement une réponse, soit protestation, soit solution de l'énigme... 11 est acquis que, jusqu'ici, pèse sur M. Turmel le grave soupçon, pour ne rien dire de plus, d'avoir joué le double jeu d'écrire simultanément en orthodoxe sous son propre nom et en incrédule sous un faux nom... A elles seules, ses si solennelles assurances qu'il est, en tout, un fils croyant de l'Église, ne peuvent pas complètement chasser la pensée que là se cache un jeu bien connu, la comptabilité en partie double des modernistes, d'après lesquels... en même temps la foi peut dire oui et la science non ^.

Formulées par un observateur impartial et compétent, ces conclusions valaient une sentence ^. Elles furent traduites in extenso par M. Saltet dans le Bulletin de littérature ecclésiastique^, avec la référence des principaux articles écrits sur la question, dans les mois précédents. Ainsi le dernier mot restait à celui qui avait prononcé le premier,, mais avec l'appoint de jour en jour accru de nombreuses et graves adhésions*.

Quelles qu'en soient les répercussions immédiates, de telles affaires ne peuvent guère se mesurer qu'avec le recul du temps.

1. Supplément littéraire à la Kôlnische Volkszeitung du 30 juillet.

2. « Jugement de la science... : si M. Turmel continue à se taire, il sera celui du bon sens de tous les catholiques. » E. Portalié, loc. cit.y p. 606^ '

■ 3. Novembre-décembre 1908, p. 287-289.

4. M. Saltet a fait savoir depuis (Bulletin de litt. eccl., 1929, p. 89' eHll3-114) que sa thèse avait, en outre, reçu le suffrage de maîtres en critique tels que Mgr Duchesne (lettres inédites en date des 9, 19 ma£ et 15 juillet 1908) et le P. Lagrange (lettre du 2 août 1908).

Au moment le plus dramatique du procès, l'avocat de la défense écrivait : « Le débat — qu'on le déplore ou non — n'est pas clos... et il ne le sera vraisemblablement que le jour où sera dévoilée la personnalité mystérieuse qui se dérobe sous les noms db Dupin et de Herzog \ » Après vingt ans, l'oubli a fait son œuvre dans bien des mémoires et les juristes pourraient presque parler de prescription.' Mais le voile dont parlait M. Bricout n'est pas encore tombé et tous les faits de la cause subsistent comme en 1908, aggravés par cet étrange mutisme de la partie intéressée, qui déconcertait, non sans quelque raison, ses meilleurs amis du premier jour. C'est dire que l'affaire Herzog-Dupin reste toujours pendante au tribunal des psychologu.es et des historiens ^.

Pour bien montrer que cette passionnante énigme né le laissait pas indifférent, même à la distancé des années, M. Loisy écrivait en 1913 : « Qui étaient ou qui était Dupin et Herzog, nul officiellement ne le sait encore aujourd'hui '. » Ce qui laisse entendre qu'on peut le savoir ou le soupçonner d'une autre manière. Faute de solution juridique, les présomptions morales u' ont-elles pas aussi leur poids?

La preuve matérielle, qui se dérobait jusque-là, vient naguère d'être fournie. « Il a été versé aux archi\es de l'archevêché de Paris une carte signée J. Turmel et adressée à M. Paul Lejay, secrétaire de la rédaction de la Revue d'histoire et de littérature religieuses... M. J. Turmel affecte de parler à la troisième personne des articles sur La sainte Vierge dans l'histoire. Il demande d'une manière pressante à M. Lejay la substitution, dans la revue, du nom d' Herzog à celui de. Dupin qu'il ne

1. J. Bricout, dans Revue du clergé fr., 15 août 1908, t. lv, p. 477-478.

2. Mgr Batiffol eut. l'occasion d'enregistrer les conclusions de M. Saltel^ dans la Semaine religieuse de Clermont (10 juin 1922). Texte reproduit . dans Bulletin de litt. eccl., 1929, p. 61.

A propos de sa mort, divers auteurs ont rappelé que M. Saltet avait continué son œuvre en démasquant , M. Turmel comme il avait luimême déiaasqué M. Loisy. Voir J. . Rivière, Monseigneur Batiffol, p. 54; V. Carrière, dans Reçue d'histoire de l'Église de France, janviermars 1929, p. 122; M.-J. Lagrange, dans La. cie intellectuelle, mars 1929, p. 417. ' ■

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