Foi catholique, 25 mars 1914, t. xin, p
lités à l'appui : pour avoir usé de quelques ménagements, L. de Grandmaison et M. Lebreton étaient incriminés de timidités coupables; le P. d' Aies se voyait accusé de « libéralisme modernisant ». Aussi J. Bruckef estima-t-il nécessaire de riposter par une apologie en règle ^. Les meneurs de r antimodernisme avaient beau plastronner ou risquer de nouvelles menaces : leur pseudo-magistère n'en était pas moins ébranlé.
A l'étranger, la réaction s'était produite plus tôt. En Allemagne, .sans parler de la Kôlnische Volkszeitung, qui, sous la direction du D*" H. Cardauns, menait une lutte ardente' contre les « mouchards du modernisme », les Historisch-politische Blàtter, qui témoignaient à l'intégrisme une indulgence proche de la faveur ^, croyaient cependant devoir rappeler l'adage : In omnibus caritas^. Moins engagées dans la lutte, les Stimmen aus Maria-Laach allaient bientôt publier un article, du P. Lippert, qui dénonçait la « chasse aux hérésies » comme un des épiphénomènes les plus fâcheux de la lutte du pape contre le modernisme et rappelait, en outre la lourde responsabilité des conseillers de Pie X*, en attendant d'appuyer avec énergie le manifeste des Études contre l'intégrisme ^. La Civiltà, elle-aussi, avait enregistré en les approuvant les plaintes formulées contre les « intégraux » par le prince de Lôwenstein au congrès de Metz ^. Ce qui lui valut d'être rappelée à l'ordre par Em. Barbier, dans la Critique du libéralisme du 1^"^ octobre suivant.
Si ces protestations soulageaient la conscience catholique, elles ^ne supprimaient pas les foyers d'agitation et les auraient plutôt entretenus. La mort de Pie X allait arrêter net ce déchaînement. Un de nos évêquès tout au moins, Mgr Mignot, attira l'attention du nouveau pape sur le profond malaise que ces méthodes agressives et ces afîecta-
■ 1. Les « Études » contre le modernisme, in-8° de 23 p., encarté avec une pagination spéciale dans le t. cxxxix de la collection.