N° du 28 août 1913, t. in, p. 612. Ct. p
tions d' « intégrisme » faisaient peser sur l'Église de France •'^. D'autres voix sans doute se firent entendre dans le même sens. En tout cas, cette littérature de combat ne survécut pas à l'explosion de la guerre et aux fermes déclarations contenues dans la première encyclique de Benoît XV ^.
Tous les temps et tous les régimes ont connu ces procédés d'exploitation, où l'on ne peut s'empêcher de sentir, avec beaucoup de parti pris, les sourdes poussées de la rancune ou de l'intérêt. On ne doit pas" plus imputer à Pie X les excès des folliculaires intégristes que rendre Léon XIII responsable de l'usage indiscret, sinon odieux, que certains « ralliés » de l'époque firent de ses directions contre les « réfractaires » ou prétendus tels ^.
Il n'en est pas moins certain, au regard de l'histoire, que le plus clair profit de ces campagnes, qui ne firent jamais aucun mal aux modernistes réels, fut d'affoler • l'opinion catholique et parfois même la hiérarchie par le spectre de périls imaginaires, de porter l'esprit aux extrêmes, de jeter, en définitive, la suspicion sur les plus loyaux serviteurs de l'Églfse et par là de rendre plus dure l'œuvré, déjà malaisée, de ceux qui s'appHquaient à combattre utilement le modernisme sur son véritable terrain.
1. Mémoire au cardinal Ferrata (octobre 1914), publié dans le Mouvement (mai 1924), depuis édité en brochure (Paris, s. d.) aux bureaux de cette revue et reproduit dans Nie. Fontaine, op~. cit.,'p. 119-137.
2. « Nous devons nous efforcer absolument de faire cesser entre catholiques les dissensions et les discordes... Quiconque n'a pas autorité se gardera de se poser en maître dans l'Eglise, soit dans des livres ou des journaux, soit dans des discours... Que chacun défende librenaent, mais modestement, son opinion; qu'il ne pense pas lui être permis, à l'égard de ceux qui tiennent l'opinion contraire, de les accuser de foi suspecte et d'indiscipline. Nous voulons encore que les nôtres s'abstiennent de ces dénominations qui, récemment, ont commencé à être adoptées pour distinguer les uns des autres des catholiques... L'essence et la nature de la foi catholique résident dans ce fait qu'on ne peut rien lui ajouter, ni rien lui enlever : ou, on l'accepte intégralement bu on la rejette intégralement... Il n'est donc besoin d'aucune adjonction pour se déclarer cathohque. » Encyclique Ad heatissimi, du 1^' novembre 1914, traduite dans la Croix du 22; texte latin dans Acta Aposi^ Sedis, 1914, t. vi, p. 576-578. Commentaire par Y. de la Brièr'e, dans Études, 1915, t. cxLvn, p. 108-121.
3. Avec raison, Miss Petre [Mpdernism, p. l'as) se défend de confondre antim.odernisme et catholicisme.