Ibid., n
et que tout s'y ramène à un travail purement humain sur des faits qui ressemblent à ceux de l'histoire commune. Au contraire, on se fera une obligation de voir dans la tradition qui vient des Apôtres un signe infaillible de vérité^.
Telles sont les doctrines qui sont imposées sous les clauses habituelles du serment. Au texte ainsi conçu devront souscrire tous les professeurs au début de leur enseignement, tous les clercs avant de recevoir les ordres majeurs, tous les confesseurs, curés ou autres ecclésiastiques ayant charge d'âmes, tous les supérieurs religieux avant d'entrer en fonctions. Chacun devra signer cette formule et les curies diocésaines tiendront spigneusement registre de ces signatures.
Il s'agissait donc d'obtenir de tout le clergé en situation régulière le désaveu, affirmé par serment et consigné par écrit, des erreurs concernant la foi que suppose le modernisme, et de leurs principales conséquences dans l'ordre du travail scientifique. Sans rien ajouter d'essentiel aux actes antérieurs de Pie X, ce texte en était comme un solennel résumé et avait pour but d'en prescrire à tous une formelle ratification.
Des incidents plus ou moins vifs suivirent, dans les divers pays, la publication de ce motu proprio, où d'aucuns semblent avoir vu le prétexte inespéré d'une nouvelle agitation en faveur du modernisme aux abois.
Le premier en date se produisit en Angleterre, où l'héritière de G. Tyrrell, Miss Petre, sollicitée de prêter le serment, s'y refusa par lettre privée à l'évêque de Southwark, puis par une seconde qui fut publiée dans le Times du 2 novembre 1910^, aux applaudissements de Fr. von Hûgel^.
1. Pour bien souligner le caractère traditionnel de cette dernière assertion, le décret en emprunte le texte à deux des plus vénérables témoins de la foi catholique contre les premières hérésies : saint Irénée (Cont. haer., IV, xxvi, 2) et TertulUen [De prsescript., xxvni).
2. Texte dans Revue moderniste intern., 1910, t. i, p. 412-415, 445- 450, qui célèbre ce document avec l'espoir « qu'il sera comme [une] étincelle destinée à susciter une grande flanune » (p. 410). Extraits dans. A. Houtin, p. 327-329.