Modernism, Londres
3. Elle fut publiée dans le Siècle du 9. novembre, reproduite dans les Droits de l'homme du 13, puis dans la Revue moderniste internationale de novembre, t. i, p. 415-417.
4. Recueillie dans Foi catholique, 1910, t. vr, p. 467-477, et 1911, t. vii, p. 56-61.
duplicité-^. » On ne signale nulle part dans la péninsule de protestation publique.
Au contraire, ce fut, en AUemagne, un tumulte sans égal. Bien entendu, les modernistes déclarés étaient hostiles. Le Neue Jahrhundert jetait feu et flammes contre la soumission et, en vue de venir en aide aux prêtres frappés pour leur, résistance, ouvrait une souscription permanente — apostillée le 25 décembre 1910 par la Krausgesellschaft .— qui atteignait plus de. 22 000 mk. à la fin de 1911, pour s'arrêter à 25 000 l'année suivante. Des brochures violentes essayaient d'entraîner les prêtres à la révolte ^.
L'affaire prenait une importance ecclésiastique toute particulière ^, en raison de la diminutio capitis que la prestation du serment était censée faire subir aux professeurs de théologie catholique, devant leurs collègues protestants de l'université. Ceux-ci ne se privaient pas d'opposer à la tyrannie de l'Église la liberté de la science et, parfois même, de mettre en cause l'existence des Facultés adverses *. Aussi les catholiques multipliaient-ils les réponses *, sans parler d'innombrables articles de journal ou de revue ^. Rarement on vit, de part et d'autre, plus d'excitation dans les esprits.
Non moins que l'opinion, dans un pays où l'Église est unie à l'État, la question devait intéresser les sphères politiques. Des interpellations eurent lieu à la tribune des différents parlements de l'Empire, où le sectarisme protestant
2. Les plus reinauquées furent : « Clericus Germanicus », Der Modernisteneid, Wurzbourg, 1910., et Th. Engert, Eid oder Meineid? (Serment ou parjure?), Wurzbourg, 1911.
. 3. Long exposé dans J. Schnitzer, p. 152-186.
4. Voir dans ce'sens J. Reinke, Deutsche Hochschulen und rômische Kurie, Leipzig, 1911; H. Muïert, Antimodernisteneid, freie Forschung und theologische Fakullâten, Halle, 1911.
5. Fr. Heiner, Die Massregeln Plus X. gegen den Modernismus, Paderborn, 1910; R. Schultes, Was heschwôren wir in Antimodernisteneid, Mayence, 1911; B. Baur, Klarheit. und Wahrheit, Fribourg-en- Br., 1911; J. Maùsbach, Der Eid wider den Modernismus unddie theologische Wissenschaft, Cologne, 1911; J." Marx, Der Eid (vider den Modernismus und die Geschichtsforschung, Trêves, 1911.
6. Voir A. Wurm, Der Modernisteneid und die kritisch-historische Méthode; dans Die Wahrheit, 1910, n. 4-5; C. Adam, Der Antimpdernis-
eneid und die theologischen Fakultàten, ibid., n. 6.
se donna libre jeu. Quelques extrémistes n'allaient-ils pas jusqu'à demander que l'enseignement, sinon même toutes les fonctions publiques fussent interdits aux prêtres, voire à tous les catholiques assermentés? Mais les députés du Centre, pour parer à ces menaces de Kultwkampf, firent valoir que le serment n'était qu'un acte de discipline intérieure, dont l'État n'avait pas à s'occuper, et les ministres compétents admirent cette thèse ^. Les juristes discutaient à ce propos du vieux placet royal ^ et, plus tard encore, un théologien important croyait devoir rendre public un mémoire destiné à éclaircir devant les autorités académiques la situation du clergé enseignant^.
Cette campagne eut au moins un résultat : c'est que le pape, à la demande de l'épiscopat allemand, réuni à Fuldà les 13 et 14 décembre, finit par accorder aux professeurs qui n'exerçaient par ailleurs aucun ministère ecclésiastique dispense du serment*. Seuls, quelques-uns le prêtèrent bénévolement ^. Les autres profitèrent de l'autorisation qui leur était octroyée de s'y soustraire et la plupart des universités se firent un point d'honneur, à l'occasion des vacances de chaires ou des dignités académiques, de ne choisir que des candidats non assermentés.
Il ne faut d'ailleurs pas se méprendre sur l'origine de cette levée de boucliers modernistes ou protestants. Un écrivain peu suspect a noté avec raison le « caractère national, joséphite, antiultramontain et antilatin » de ces résistances. « Aux doctrines pontificales on opposa la civilisation allemande, la science allemande, les travaux allemands, la pensée
1. Voir sur ces débats Mathias Erzberger, Der Modernisteneid, Berlin,. 1911, et, sous forme plus populaire, Oswald Frank, Deutschland und die Modernismusbewegung, Wiesbaden, 1911. Résumé par G.-G. Lapeyre, dans Revue du clergé fr., 1912, t. lxix, p. 188-190.
2. Chr. Meurer, Der Modernisteneid und dos bayerische Plazet, Wurzbourg, 1911.
3. Fr.-X. Kiefl, Gutachten ûber den... Eid gegen den Modernismus. Kempten, 1912.
4. Communiqué paru dans Y Osservatore romano, expliqué par unt lettre au cardinal Fischer (31 décembre 1910) et confirmé par une autre au cardinal Kopp (13 février 1911).