Janvier 1911, t. i-vin, p. 1-8. Cf. p
3. De son côté, J. de Narîon essayait de réagir, dans le Figaro du 15 septembre 1910, contre le verdict de M. Riou, assurant que les modernistes étaient encore « le nombre », que leur silence momentané ne devait pas faire illusion, et M. de la Brière s'emparait de ce témoignage (Études du 5 novembre, t. cxxv, p. 418) pour établir l'opportunité du màtu proprio.
n'était moralement plus possible qui consistait à prétendre rester dans l'Église, tout en rejetant ses doctrines les plus essentielles et, par là-même, le modernisme était forclos.
Voilà pourquoi il n'y a plus dorénavant d'acte ecclésiastique notable à signaler. Le décret porté par l'Index (22 janvier 1912) contre l'Histoire ancienne de l'Eglise de L. Duchesne et celui qui, le 5 mai 1913, frappa la dernière série tout entière des Annales de philosophie chrétienne^, n'avaient déjà plus qu'un caractère rétrospectif. Ils liquidaient le passé plutôt qu'ils n'intéressaient le présent.
Cette liquidation se prolongea davantage en Italie, où le feu paraît avoir couvé plus longtemps, jusqu'à faire craindre parfois le déchaînement d'un nouvel incendie. Personne sans doute n'y prit ombrage du plaidoyer de Mme Antoinette Giacomelli ^. Mais, aux précautions prises par l'autorité pontificale, on devine que le modernisme romain survivait toujours autour de M. Buonaiuti, et s'essayait de temps en temps à quelques manifestations extérieures d'activité. C'est ainsi que, le 26 mai 1916, le Saint-Office interdisait une Rivista di scienza délie religioni, nouvellement née, uti organum propagande modernisticse^. Elle faisait place, trois ans plus tard (1919), à une autre, intitulée Religio, que dirigeait M. Turchi et qui fut à son tour condamnée par l'Index, le 12 janvier 1921, en même temps que la Ricista trimestriale di studi filosoftci e religiosi, publiée par M. Alexandre Bonucci.
Pour son compte, M. Buonaiuti multipliait les publications de tout ordre, historiques, patristiques, apologétiques, où perçaient plus ou moins nettement ses tendances ^. A quoi il ajoutait un apostolat personnel et des conférences de même esprit. Une propagande aussi obstinée devait né-
1. Soit depuis 1905. La mesure fut aggravée, d'après le Malin du 30 juillet, par l'interdiction absolue, faite désormais à leur directeur, M. Laberthonnière, « de publier quoi que ce soit, sous son nom ou anonymement. »
2. Per la riscossa cristiana. Milan, 1913. Voir Civiltà cattolica, 1913, t. IV, p. 592-601. .