Le modernisme catholique, Paris
part aux formidables secousses de la grande guerre, qui tournèrent les intelligences vers un autre genre de problèmes. N'est-on pas aussi en droit de penser que le blâme infligé par Benoît XV, dès son avènement, aux excès de l'intégrisme et les récentes mesures prises par Pie XI contre l'Action Française, ont contribué à rétablir un équilibre qui ne peut manquer d'être utile, chez tous ceux que les doctrines intéressent moins que les tendances, à la pacification éventuelle des esprits et des cœurs?
Cependant, sans parler de l'optimisme, tant de fois constaté au cours de la crise, qu'affectèrent d'entretenir tous ceux qui voulaient encore la croire susceptible d'une issue favorable, on rencontre parfois le même sentiment chez quelques attardés qui ont déjà pu vérifier l'efl'ondrement de leurs premières espérances, mais se refusent à ,1e considérer comme définitif. Le véritable croyant ne consent jamais à douter de sa foi : le modernisme a longtemps gardé et garde encore ses fidèles, qui ne veulent point désespérer de son sort. A les entendre, la victoire de l'Église n'est qu'un simple trompe-l'œil. Dé patent, le modernisme serait devenu latent : germe enfoui momentanément dans le sol, mais prêt à éclore dès la première embellie.
Seulement il est aisé d'apercevoir que cette confiance repose sur des motifs dont la nature n'est pas moins différente que la valeur. « Le modernisme, a-t-on dit, a, comme tout système humain, ses radicaux et ses modérés ^. » Il est normal que leurs raisons d'espérer soient conformes au programme de chacun et révélatrices de ses directions.
Chez les « modérés », pour autant qu'on en .puisse juger par -leurs paroles et leurs actes, l'essentiel tout au moins du dogme catholique semble être resté intact, et leurs aspirations novatrices ne vont qu'à un rajeunissement plus ou moins complet des méthodes de l'Éghse dans l'ordre de la discipline, de l'enseignement ou de l'action. Évidemment le « modernisme » ainsi entendu peut et doit survÎATe aux