Ami du clergé, 26 septembre -1907, t. xxix, p
censures de l'encyclique Pascendi. Telle est la conviction qui anime l'histoire qu'en trace M. Schnitzer et préside à ses conclusions. « Malgré toutes les apparences de soumission et de tranquillité, dit-il (p. 212), le mouvement moderniste continue à vivre sous la couverture en France comme en Italie; en Allemagne non plus, il n'est pas étouffé. » Aussi croit-il pouvoir, en terminant (p. 218), saluer le modernisme d'hier comme une « aurore » et prophétiser avec confiance l'avènement du grand jour ^.
La même cause trouve des avocats d'un tout autre bord. On pourrait s'y tromper quand on entend le fougueux interprète des novateurs italiens pronostiquer à son tour « l'inévitable revanche » du modernisme après le « coup brutal » que l'Église lui a porté ^. Mais on voit vite que nous sommes ici chez un de ces « radicaux » dont les vues réformatrices ne tendent à rien de moins qu'à une véritable révolution.
C'est ainsi qu'aux yeux de M. Buonaiuti les destinées de la cause moderniste se confondent avec celles de la « spiritualité contemporaine », qui lui paraît s'acheminer « vers les problèmes de la réconciliation interconfessionnelle, sur la base d'une révision du contenu essentiel dû christianisme » (p. 180). En effet, l'auteur se féhcite (p. 182-185) de retrouver déjà « les principes fondamentaux du modernisme catholique » dans les tendances actuelles du protestantisme libéral. Ces principes seraient les suivants :
Valeur prédialectique de la religiosité, contenu moral et esçhatologique du message chrétien, continuité de l'évolution chrétienne dans l'histoire, retour aux données éternelles de l'Évangile en vue d'un renouvellement universel des esprits, dans les catégories numineuses du salut moral (p. 197)..
Il ne s'agit donc plus d'une adaptation.de forme, qui garderait les cadres de la foi "traditionnelle, mais d'une transformation de fond. « L'encyclique ne consacrait pas la mort du modernisme : elle ne faisait que terminer violemment son adolescence naïve et simpliste. » (P. 195.) Au lieu de s'atta-
1. Dans le même sens, voir M.-D. Petre, Modernism, p. 203-220, et Th. Engert, art. Modernismus, dans Realencyklopàdie, t. xxiv, p. 174.