Der Katholizismus, Munich, 1923, p
à fond l'héritage séculaire qu'ils prétendaient faire valoir. « Nonobstant leurs protestations d'amour, de loyauté et de dévouement à lIËglise catholique, observe un de leurs émules anglicans, ils demandaient à la papauté ce qu'elle ne pouvait accorder sans consentir à une révolution religieuse ^. » A ses heures de modération, M. Buonaiuti^, ne coînpare-t-il pas la position du modernisme dans l'ÉgUse à celle du philonisme par rapport à la tradition juive? Et ceci serait déjà grave. Mais G. Tyrrell allait beaucoup plus loin, quand il concevait pour le catholicisme actuel une métamorphose semblable à celle qui fit" passer le mosaïsme à l'Ëvangile^.
Dans ces conditions, qui voudrait être surpris que l'Église ait aperçu le but lointain . auquel on voulait la mener et qu'elle ait mis à s'en défendre toute sa vigueur? N'est-ce pas le contraire qui serait .étonnant? Il n'y a donc pas heu de parler d'un « essai mal récompensé de sauver l'Église et la foi » *, mais plutôt d'une tentative mal inspirée qui, inconsciemment ou non, aboutissait à perdre l'une et l'autre. « Que Rome, écrit M. Engert, se soit opposée à un mouvement qui menaçait d'ébranler l'édifice cathoUque jusqu'en ses fondations, c'était un acte tout naturel de légitime défense ^ »
A leur façon, les modernistes ont pris soin de ratifier cette attitude de la hiérarchie ^. Ceux qui ne sont pas rentrés au sein de l'Église n'ont-ils pas fait l'aveu d'une lointaine incroyance ou n'y sont-Us pas rapidement tombés? Preuve que le modernisme n'était, chez les premiers, qu'une illusion fugitive et, chez les autres, qu'une étape vers l'abandon
1. H.-D.-A. Major, op. ciU, p. 20. Cf. A. Loisy, dans Revue cCkist. et de liti. rel., Î922, nouv. sér., t. vnr, p. 130 : « La critique moderniste des dogmes ne pouvait mener qu'à la ruine du cathoIicism.e. »