‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 48 sur 451 · A. Loisy, Simples réflexions, p · texte numérisé non relu

A. Loisy, Simples réflexions, p

2. Ibid., p. 209 et 204. Des anonymes, qui n'avaient sans doute pas autant dé qualité pour se rendre le même témoignage, s'empressaient également de s'octroyer ce rôle avantageux. Voir Le programme des modernistes, p. 17-28, et Neue Jahrhundert, 1909, t. i, p. 61-63. On retrouve encore la même prétention chez M. Buonaiuti, p. 49.

née de cette opposition que les jeunes intelligences perçoivent «ntre l'esprit théologique et l'esprit scientifique;... elle est née sur le terrain philosophique par l'insuffisance du dogmatisme ancien devant la connaissance actuelle de l'univers ; elle est née sur le . terrain de l'histoire religieuse par l'obstination du dogmatisme présent à méconnaître l'évidence des faits ^.

Si donc il appert que la critique a deux champs distincts €t simultanés d'application, il est obvie d'admettre que, suivant sa tournure d'esprit, qhacun soit frappé davantage par l'un ou l'autre. Or, si M. Lqisy peut assurer à bon droit ■que la philosophie n'était pas sa « spécialité » ^, en fut-il •de même chez tous les adeptes du mouvement? Bien plus, il lui arrive à lui-même de reconnaître à la' critique rationnelle le premier rang.

La question qui est au fond du problème religieux dans le temps présent n'est pas de savoir si lé Pape est infaillible, ou s'il y a des erreurs dans la Bible, ou même si le Christ est Dieu, ou s'il y a une révélation, tous problèmes surannés..., mais de •savoir si l'univers est vide, sourd, sans âme, sans entrailles, si la •conscience de l'homme y est sans écho plus réel et plus vrai à ■elle-même •"'.

Tel étant le «grand et unique problème», c'est-à-dire le problème de Dieu, l'auteur avoue osciller entre deux très vieilles solutions : « La foi veut le théisme ; la raison tendrait au panthéisme. Sans doute elles envisagent deux aspects du vrai*. » Ne sommes-nous pas en pleine philosophie? Et qui voudrait admettre que le fait de s'arrêter, devant ces graves questions, à une si déconcertante réponse, puisse être sans influence sur l'interprétation des documents chrétiens?

Il ne s'agit donc pas d'établir, entre la critique philosophique et la critique historique, des préséances tendan-

1. Autour d'un petit livre, p. 209, 216-217. Cf. p. xxiv-xxv : a Le .progrès de la science pose en des termes nouveaux le problème de Dieu. Le progrès de l'histoire pose en des termes nouveaux le problème du •Christ et le problème de l'Église. » De a ce triple problème » le premier n'est-il pas proprement et purement philosophique?

2. Simples réflexions, p. 198. Cf. Autour d'un petit livre, p., 190.

3. Lettre du 28 janvier 1906, dans Quelques lettres, p. 45. ^. Ibid., p. 48.

cieuses. Le rôle respectif, de chacune dans les cas particuliers relève de la psychologie individuelle. En affirmant la primauté de celle-là et sa domination normale sur celle-ci, Pie X a certainement pour lui la logique, et l'expérience lui donne, dans l'ensemble, largemient raison. S'il est vrai que la psychologie humaine répugne au système des cloisons étanches, on ne peut pas éviter d'admettre, entre l'une et l'autre, des réactions mutuelles. Unies ou .séparées, mais toujours convergentes, les deux ont contribué à miner en beaucoup d'âmes les fondements nécessaires de la foi. L'ère du modernisme coïncide avec les époques et les milieux qui leur firent bon accueil sans se prémunir contre leurs excès.

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