G. Goyau, art. Réforme, dans Dict. apoL, t. iv, col
2. Dans F. Lichtenberger, Histoire des idées religieuses en Allemagne, Paris, 2e édit., 1888, t. i, p. 119.
3. F. Kattenbusch, Von Schleiermacher zu Ritschl, Giessen, 1893, p. 37-38, traduit dans Goyau, op. cit., p. 101-102.
4. Sur les « affaires » anciennes, voir l'exposé de G. Goyau, op. cit., p. 123-182, dont les conclusions sont résumées et complétées par un aperçu de l'affaire Jatho dans Dict. apol., t. iv, col. 680-686. Esquisse ■de la situation immédiatement postérieure par G.-G. Lapeyre, dans
On ne saurait souhaiter meilleure illustration des effets qu'est appelé à produire sur la. vie d'une Église le développement du subjectivisme spéculatif.
Mieux garanti par les traditions conservatrices dé l'esprit anglo-saxon, l'anglicanisme n'a pas. entièrement échappé à la même crise ^.
Tout le cours du xix^ siècle, des penseurs importants, tels que les Matthew Arnold, les Mac-Leod Campbell, les Benjamin Jowett, les Frédéric Denison Maurice, ont travaillé à l'assouplissement de l'antique orthodoxie. Sous ces influences réunies s'est progressivement constitué un très fort courant libéral, pour le développement duquel, tout en voulant s'en distinguer par plus de mysticisme et de sens historique, une sorte de ligue s'est fondée le 31 octobre 1898, sous le titre de Churchmen's Union for the advancement of libéral religions thought, qui groupe un nombre considérable de professeurs et dignitaires de l'Église établie. Elle a pour organe officiel une revue mensuelle : The modem Churchmah, qui paraît - depuis 1912. Sans avoir avec le groupe des liens aussi étroits, le Hibbert Journal obéit aux mêmes tendances et les entretient dans les milieux cultivés, en donnant l'hospitalité la plus éclectique aux productions avancées de l'exégèse, de la philosophie religieuse ou de l'histoire des religions. Une Modem Churchman's library, qui compte déjà sept volumes, et des Churchmen's Union pamphlets complètent la propagande.
Le programme comporte d'abord une œuvre négative d'émancipation ou, disent-ils, de « nettoyage » [cleansing)
Revue du clergé fr., 1911, t. lxv, p. 327-357; 1912, t. lxix, p. 190-208;. 1913, t. Lxxiv, p. 698-706.
Au sujet de ces cas, on a, de bonne heure, prononcé le nom même de modernisme. Voir W. Blackshaw, Modernism in the prussian Church, dans Coniemporary review, janvier 1912, t. ci,, p; 56-68, et déjà Neue Jahrhunàert, 1910, t. n, p. 190.
1. voir P. Charles, Le modernisme anglican, dans Nouvelle revue théol., 1924, t. u, p. 1-14 (résumé par A. d' Aies, "dans Dicl. apol., t. iv, col. 722-723) et, depuis, Major, English modernism, Cambridge et Londres, 1927.
à l'égard des anciennes formules dogmatiques et des symboles qui les expritnent. Il se continue par une œuvre positive de « ré-interprétation ». A ce propos, il est curieux de noter que de vieilles hérésies retrouvent un régain de faveur. Dans une conférence fameuse tenue à Cambridge, en, septembre 1921, où des extrémistes comme Kirsopp Lake déclarèrent ne A'^oir dans le Christ « qu'un prophète très banal et de type assez vulgaire », un modéré, le D' H. Rashdall, proposait de reprendre comme base de la christologie ' l'adoptianisme du iii^ siècle ^. Antérieurement, le même auteur, pour « ré-interpréter » la Rédemption, en revenait au rationalisme d'Abélard ^.
On peut juger des tendances doctrinales du groupe par l'aperçu qu'a donné un de ses membres importants, M. S. Glazebrook, de ce qu'il appelle « la foi d'un ecclésiastique moderne » '^ :
L'expérience des hommes les amène à concevoir Dieu comme Père, comme Frère et comme Identité idéale à la manière de l'esprit humain dans l'homme. Ils expriment l'identité de ces trois conceptions en disant que Dieu est trinité. Le mot personne ne s'applique d'ailleurs â Dieu qu'en raison de l'humamté du Christ... La rédemption consiste uniquement dans l'intelligence que l'homme acquiert des dispositions divines, dans cette persuasion qui le saisit que Dieu est amour... Le baptême des enfants n'est qu'une belle coutume... Le pain et le vin dans l'Eucharistie ne sont que' des symboles. L'épiscopat n'a rien d'une institution divine*.
Et si l'on veut une formule tout à la fois plus affirmative et moins- polémique, voici celle que le D"" Major déclare propre à rallier tous les modem Churchmen :
Nous croyons que Dieu est Esprit et que ceux qui le servent le doivent servir en esprit et en vérité ; que Dieu est Lumière, et que, si nous marchons dans la lumière, nous sommes unis les uns aux autres; que Dieu est Amour, et que quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu ; que Jésus est le Fils de Dieu, et que