Charles, loc. cit., p
2. Voir The idea of ihe atonement in Christian tfteofogy, Londres, 1919, p. 437-443.
3. The faith of a modem Churchman, Londres, 1918. - 4. Résumé de P. Charles, p. 10-11.
Dieu nous a donné la vie éternelle et que cette vie est Son Fils ; que nous sommes les enfants de Dieu et qu'il nous a donné de son Esprit; que, si nous confessons nos péchés, il est [assez] fidèle et juste pour nous les pardonner; que le inonde passe avec sa concupiscence et que celui qui fait la volonté de Dieu demeure à jamais ^.
Pour être tissé d'expressions johanniques, on voit que pareil Credo ne laisse à peu près rien subsister du christianisme positif. Et le peu qui en reste est manifestement démuni de tout caractère révélé : *
' La révélation est impliquée dans la structure même de l'esprit humain, de telle façon que, bien compris, le processus de notre pensée, de notre conscience, de nos sentiments implique la reconnaissance de l'Éternel et de l'Infini ^.
Avec les années, ce mouvement de libéralisme doctrinal ne fait que croître en ampleur et en audace ^. Il trouve parfois des complicités jusque dans le sein de répiscopat*. Enfin le modernisme commence à devenir article d'exportation au profit du public américain ^. Les milieux nonconformistes ne sont pas moins contaminés. Sans parler des unitariens, qui ont toujours incarné le rationalisme aux
i. Op. cit., p. 98-99.
2. Ibid., p. 119. Le corps de son ouvrage est entièrement consacré à une « reconstruction » de la foi chrétienne sur ces bases. En appendice (p. 251-253), l'auteur reproduit, d'après le Modem Churchman, 1920, t. X, p. 558-571, les résultats d'une sorte de référendum ouvert sur la question de l'unité de foi et de la nécessité d'un symbole dans l'Eglise. Les réponses, au nombre d'une quinzaine, émanées de théologiens où de laïques im.portants, sont très révélatrices du subjectivisme qui sévit dans ces milieux.
3. Voir l'étude synthétique des dernières conférences d'Oxford par Fr. Woodlock, Modernists in council, dans The MontA, octobre 1925, p. 303-315; Englîsh and american modernism, dans Gregorianum, 1927, t. vra, p. 23-40, 183-203,
4. Les multiples écarts du D' Barnes, évêque ' de Birmingham, qui défraient périodiquement la presse religieuse d'outre-Manche, ont été exposés naguère chez nous par G. Coolen, La crise moderniste dans <■ Eglise d'Angleterre : Le cas de V évêque Barnes, dans Revue apologétique, février 1927, t. xuv, p. 199-216.
5. Le volume déjà cité du principal Major résulte d'une série de lectures données à l'université Harvard, au cours de l'année scolaire 1925-1926. .
yeux du monde anglo-saxon, il suffit de rappeler le succès de scandale fait à la JVefv iheology du congrégationaliste Réginald John Campbell, qui se donne comme une refonte de toute la foi chrétienne à base de panthéisme ^.
Des anglais eux-mêmes ont, à ce propos, parlé de « modernisme » 2. Et le mot devait réussir. Dès 1914, on envisageait expressément, dans l'école libérale, le projet de sauver, sous le nom adouci de « post-modernisme », l'essentiel du système condamné par le pape^. Enfin, depuis 1918, et non d'ailleurs sans de longues hésitations *, les adeptes du groupe constitué autour du Modem Chwchinan ont adopté commedésignation officielle le titre de « modernistes ».
« Nous devons reconnaître, écrit de l'Église anglicane un témoin bien placé pour le savoir, le Rév. Ch. Gore, ancien évêqiie d'Oxford, qu'il y a tout un groupe important d'hommes instruits, et parmi eux beaucoup de dignitaires ecclésiastiques, professant des opinions religieuses directement subversives des bases mêmes du Credo ^. »
Déjà préparé par l'influence d'Alexandre Vinet (1797- 1847) ^ à donner au mysticisme le pas sur la foi positive, le cahanisme français s'est largement ouvert au courant subjectiviste qui lui venait d'Allemagne et d'Angleterre. L'ancienne école de Strasbourg, avec Éd. Reuss et T. Colani, avait surtout fait œuvre négative et critique : la reconstruction positive ne devait pas tarder.
Parti de l'orthodoxie la plus stricte, Eug. Ménégoz (1838- 1921) a travaillé toute sa vie à l'élargir au nom de ce qu'il a
1. Voir J. Lebreton, dans Revue pr. d'apol, 1907, t. v, p. 279-284.
2. J.-J. Lias, English modernists, dans Revue intern. de théologie, 1908, t. XVI, p. 298-307. ' '
3. Voir J.-M. Thomson, dans Hibberl Journal, 1913-1914, t. xii, p. 733-745. Cf. t. XIII, p. 203-206.