‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 59 sur 451 · Ibid.,rp · texte numérisé non relu

Ibid.,rp

3. L'exagération manifeste en fut signalée en son temps dans Revue du clergé fr., 1913, t. i.xx"Vi, p. 587. Depuis, cette vue superficielle a été durement redressée, au nom de l'histoire, par A. Loisy [Revue d'hisl. et de lilt. rel., 1913, nouv. sér., t. iv, p. 569-571) et, d'une manière plus irénique au nom de la théologie, par L. de Grandmïdson (Recherches de science rel, 1919, t.x, p. 401-409).

4. Voir A. Fonck, Moehler et l'école catholique de Tubingue, dans RePue des sciences religieuses, 1926, t. vi, p. 250-266.

5. Sans plus de raison ni de vraisemblance, G. Gentile s'est réclamé du philosophe bavarois Martin Deutinger (1815-1864). Voir Un vecchio modernista (1908), dans II modernismo e i rapporti tra religione e filo- «ofia, p. 73-85.

L'école de.ïubingue avait eu les siens — et les modernistes du xx^ siècle devaient s'en souvenir ■"• — mais qui restaient dans la ligne catholique. D'autres envisageaient une transformation de l'Église elle-même, en vue de la ramener à ce qu'ils prétendaient être l'esprit de ses origines. On a réveillé au cours de la crise, pour en faire « un précurseur du modernisme », le souvenir d'un de ces réformateurs, Antoine Theiner (1799-1860), frère de l'iUustre historien Augustin Theiner, que ses chimériques audaces jetèrent de bonne heure hors de l'Église ^. Mais il est clair que ce rêveur solitaire ne saurait avoir d'autre intérêt pour l'histoire que de révéler une psychologie nationale, dont la suite nous montrera de phis efficaces manifestations.

Vers la même époque, Bautain (1796-1867) entreprenait de renouveler en France la philosophie religieuse. Son opposition à l'intellectualisme et sa tendance à le remplacer par un fidéisme semi-pragmatiste, l'ont fait à bon droit ranger par-mi les ancêtres de la philosophie de l'action. Pour ce motif, on a voulu le donner comme un « moderniste » avant l'heure ^. Ce -qui ne peut évidemment s'entendre que d'un « modernisme » très élargi, fait de convergences doctrinales plus ou moins lointaines "sur quelques points particuliers, mais sans rapport réel avec le mouvement historique auquel il faut, sous peine d'abus, réserver ce nom.

En tout cela, il ne peut tout au plus être question que d'analogies postérieurement aperçues avec telle ou tèllC des doctrines qui entrent maintenant pour nous dans la synthèse moderniste. A cette époque d'universelle et fervente renaissance catholique, l'heure d'un véritable modernisme, même inconscient, n'avait pas encore sonné.

. Faute de graves problèmes intellectuels, le milieu du XIX® siècle, dont le règne de Pie IX forme le centre, a été tout

Page 1