‹ Le modernisme dans l'Eglise [microform]Chapitre 60 sur 451 · Neue Jahrhundert, 1911, t. ni, p · texte numérisé non relu

Neue Jahrhundert, 1911, t. ni, p

2. Voir J. Schlachcikowski, Anlon Theiner ein Vorlàufer des keuiigen Modernismus, Wurzbourg, 1910, et le compte rendu de cet ouvrage par J. Schnitzer, dans Neue Jahrhundert, 1911, t. m, p. 313-316.

3. W.-M. Horton, The philosophy of ihe abbé Bautain, New-York, 1926, p. 296-297. Cf. p. ix, 95, 142, 256, 283-284.

entier rempli, dans l'ensemble de l'Église, par la question du libéralisme. Mais, dans les divers pays européens, avec des nuances spéciales à chacun, celle-ci n'a jamais intéressé que l'ordre politique et social.

En Italie, les- circonstances aidant, le mouvement se compliquait, avec V. Gioberto (1801-1852) et A. Rosmini (1797-1855), d'aspirations nationalistes et d'un programme de réformes ecclésiastiques dans lequel les libéraux s'accordaient généralement à comprendre, en même temps que la suppression du pouvoir temporel et la critique du « jésuitisme », la modification de la discipline en ce qui concerne le bréviaire et le célibat, la rénovation de l'enseignement tliéologique et de l'éducation des clercs. De ce chef, on leur a parfois appliqué le nom de « modernistes » ^. Erreur totale de perspective; car leurs plus grandes hardiesses, do'minées par la restauration nationale, laissaient toujours le dogme intact. Tout au plus pourrait-on y voir, comme on l'a dit, « une excellente préparation pour des doctrines plus avancées ^ ». C'est à ce titre que M. Buonaiuti veut encore s'en souvenir ^, non sans reconnaître que « leur pensée se mouvait dans lin tout autre plan et trahissait des préoccupatioiis essentiellement différentes, » que « leur optimisme schématique et facile » — c'est-à-dire sans doute leur confiance dans l'Eglise — : ne les prédisposait pas aux grandes réformes *, Quant à leur attribuer « l'initiative du modernisme contemporain ^ », dont les leaders leur devraient a indirectement sinon directement leur inspiration », c'est un de ces paradoxes qui n'ont même pas pour eux les apparences.

Alors qu'en Italie le mouvement libéral semble avoir été aussi éphémère que brillant, il s'est continué en France tout le cours de la république de 1848 et du Second Empire. Mais,

1. Dans Jordan, op. cit., p. 8, et Schnitzer, p, 10-12, l'effort de tous les libéraux italiens est annexé au modernisme. M. Vidal, Reçue du clergé fr., 1910, t. Lxn, p. 471, sacrifierait tout au moins Gioberti. •iJans A. Gambaro, Il modernismo, p. 69-86, ils reçoivent tous le titre de precursori.

Page 1