PREFACE XI
un récit, qui, sans cesser d'être approximatif, soit pourtant autre chose qu'une collection de lieux communs et réponde suffisamment à nos éléments actuels d'information.
Il n'y aurait de difficulté vraiment insoluble que si, comme on l'a dit alternativement, le moder-nisme n'avait jamais été qu'une mauvaise fiction ou, inversement, s'il continuait encore aujourd'hui, bien que d'une manière plus sournoise, son œuvre parmi nous. Mais les faits montreront précisément que le modernisme fut bien, dans l'Église, une réalité. D'autre part, si personne ne peut être sûr que sa marche soit définitivement arrêtée, il a du moins franchi une étape de son évolution qui constitue un épisode assez homogène, pour qu'on en puisse raconter les péripéties.
Aussi bien cette entreprise a-t-elle été déjà risquée K On ne peut pas faire entrer en ligne de compte les travaux hâtifs publiés de part et d'autre en pleine bataille : dû côté catholique par MM. Cavallanti et Th. Delmont, du côté adverse par P. Sabatier, qui sont moins des études objectives que des pièces de la controverse. Il y a davantage à prendre ' chez certains protestants d'Allemagne, comme MM. Holl et Kûbel, qui, dès ce moment^ s'intéressèrent au débat avec plus de sérénité. Mais c'est surtout à mesure qu'est tombée la fièvre du combat qu'apparaissent des œuvres, déjà soucieuses de méthode historique et plus ou moins dignes d'y prétendre. Or, qu'elles viennent d'incroyants comme A. Ho\itin ou de "modernistes notoires tels que MM. Schnitzer et Buonaiuti, toutes sont écrites dans un esprit hostile à l'Église et prennent, de ce
1. Pour les titres de ces divers ouvrages, voir la bibliographie ci-après.